Le rapporteur des Nations Unies sur l’esclavage dans le monde et la commission juridique de l’Union africaine ont reçu, cette semaine, une plainte internationale dénonçant la traite des êtres humains qui sévit encore en Mauritanie, une initiative qui sera probablement suivie par une enquête onusienne.

Déposée au siège du Parlement Européen à Bruxelles, la plainte  relève le niveau inquiétant de l’esclavage et des diverses formes d’asservissement en Mauritanie. Pour Me William Bourdon, avocat français de l’Association mauritanienne Ira qui lutte contre l’esclavage, il n’y a pas de doute : « Il n’y a aucune volonté des autorités mauritaniennes de mettre fin à l’esclavagisme dans le pays ».

De nombreux rapports ont durant ces dernières années dépeint un triste constat sur les esclaves en Mauritanie. Des familles entières sont toujours gardées en tant qu’esclaves et ce de mère en fille et de père en fils, selon ces rapports.

L’esclavage a été officiellement banni en Mauritanie en 1981. Ce fut d’ailleurs le dernier pays de la planète à avoir tourné la page de la traite des êtres humains. Du moins, dans les textes. Mais plus de 35 ans après cette décision, le pays des Maures compte toujours un nombre impressionnant de serfs.

Le gouvernement mauritanien avait d’ailleurs érigé en crime la pratique de l’esclavage en 2007. Cette loi avait même été renforcée en 2015, mais le nombre de personnes toujours privées de leurs droits fondamentaux en Mauritanie est toujours aussi élevé.

La plainte déposée à Bruxelles entend donc bousculer cette pratique en actionnant des moyens internationaux pour sanctionner l’Etat mauritanien pour non respect de ses engagements.

 

 

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