L’ONU s’inquiète de la dégradation de la situation sécuritaire en Centrafrique où des combats entre  groupes armés rivaux ont été signalés dans plusieurs régions du pays au cours des dernières semaines, faisant des dizaines de morts, ce qui a poussé un responsable onusien à parler de « signes avant-coureurs de génocide ».

Excepté la capitale Bangui où les forces onusiennes de la Minusca apportent un précieux soutien aux faibles troupes gouvernementales, les habitants des autres régions restent à la merci des groupes armés.

L’agence humanitaire des Nations unies (Ocha) a fait état mardi de dizaines de morts dans des combats qui ont eu lieu dans des villages reculés du Sud et du Sud-est du pays depuis fin juillet.

Les combats opposent généralement des miliciens musulmans de l’ex-Séléka et les anti-Balaka, à majorité chrétienne. Les massacres de 2013 n’avaient pu être arrêtés qu’avec l’intervention des troupes françaises dans le cadre de l’opération Sangaris, puis de la Minusca. Mais la récente recrudescence des violences fait craindre le pire.

De retour d’un voyage en Centrafrique, Stephen O’Brien, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, a prononcé lundi ces mots qui font froid dans le dos : « Les signes avant-coureurs de génocide sont là ».

L’ONU « doit agir maintenant », a insisté le responsable onusien qui a appelé au renforcement des forces de la Minusca. L’objectif est de doter la mission de l’ONU des moyens pour protéger les civils.

La mise en garde de Stephen O’Brien intervient au moment où les forces de la Minusca sont de plus en plus ciblées par les groupes armés. Depuis le mois de mai, des miliciens anti-Balaka ont tué neuf Casques bleus qui étaient en mission de protection de civils musulmans dans la ville de Bangassou, à 470 km au sud-est de Bangui.

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A Propos de l'Auteur

A. Lakhs

Docteur en Relations Internationales

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