En dépit de l’hostilité des ONG humanitaires et du scepticisme de nombreux pays européens, la France maintient son projet d’installer des centres de tri (hotspots) au Niger et au Tchad pour l’examen des demandes des candidats à l’asile, avec l’objectif ultime de juguler les flux migratoires en provenance du Sahel.

Après le président français Emmanuel Macron fin juillet, c’est son chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian, qui l’a répété mercredi en réponse à la question d’un député. Paris est « en réflexion pour vérifier le côté opérationnel de centres d’orientation ». Ces centres devraient être mis en place « en relation étroite avec les autorités nigériennes et tchadiennes », a expliqué le ministre français des Affaires étrangères.

Ce projet est également « discuté avec nos amis italiens et avec l’Union européenne », a précisé Jean-Yves Le Drian, estimant que « cela devrait nous amener à avoir des propositions d’action (…) à la fin de l’été ».

Mais Paris reste convaincu que le nœud du problème se situe en Libye où le chaos politique et la prolifération des groupes armés sont les facteurs essentiels qui alimentent la migration clandestine. C’est cette indispensable stabilisation de la Libye qui est derrière la rencontre inter-libyenne, parrainée récemment en France, par le président Macron.

La réunion a mis face à face les deux principaux protagonistes de la crise libyenne, le maréchal Khalifa Haftar et le Premier ministre Fayz Al Sarraj, mais sans réelle perspective de réconciliation.

En attendant, le gouvernement français ne compte pas se croiser les bras et mise sur ces centres avancés au Niger et au Tchad comme premier pas. L’objectif déclaré est de lutter contre les passeurs, mettre fin aux drames en méditerranée et réduire les flux des migrants clandestins qui effrayent l’Europe.

Sauf que le projet d’Emmanuel Macron est jugé « aventureux » en Europe même, où les observateurs estiment que les calculs de Paris ne pourront pas occulter le véritable problème des pays d’Afrique subsaharienne qui réside dans leur développement.

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A. Lakhs

Docteur en Relations Internationales

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