La politique migratoire de l’UE consistant à empêcher les bateaux de quitter les eaux de la Libye sert à « alimenter un système criminel », dénonce MSF dans une lettre ouverte, adressée jeudi aux gouvernements européens, et dans laquelle l’ONG appelle à ne pas se réjouir de la chute du flux de ces dernières semaines.

« Guidé par l’unique ambition de maintenir ces gens hors de l’Europe, le financement européen cherche à empêcher les bateaux de quitter les eaux libyennes, mais dans le même temps cette politique alimente un système criminel », accuse Joanne Liu, la présidente de MSF International, dans son courrier.

En empêchant les opérations de sauvetage en Méditerranée, les « dirigeants européens sont complices » de la mise en place en Libye d’un système infernal. Les migrants sont retenus dans des conditions inhumaines dans des « centres officiels de détention » après leur interception par les gardes-côtes libyens, s’est indignée la présidente de MSF International, Joanne Liu, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles.

Les pays européens sont au courant de ce qui se passe en Libye et leur satisfaction de la chute du flux de migrants qui traversent la Méditerranée « prouve, au mieux, une hypocrisie, au pire, une complicité cynique dans la tentative de réduire l’être humain à l’état d’une marchandise aux mains des trafiquants », dénonce la présidente de MSF qui a visité des « centres officiels de détention » en Libye.

En choisissant sciemment de contenir à tout prix les migrants en Libye, la France et les gouvernements de l’UE légitiment un système abject, s’insurge la présidente de MSF.

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