Un film documentaire sur l’insécurité dans la zone du Sahel et du Sahara, projeté en début de semaine à Oslo, révèle la situation inquiétante dans cette région où les connexions entre organisations criminelles de trafiquants et groupes terroristes, se renforcent davantage et menacent des Etats aux capacités militaires et sécuritaires limitées.

Le documentaire montre la montée en puissance du crime organisé à travers des réseaux de plus en plus efficaces dans le trafic d’armes, de drogues, en plus des passeurs de migrants subsahariens. Au vu de la présence sur la même aire géographique de groupes armés séparatistes et djihadistes, une sorte d’alliance d’intérêts s’est établie naturellement entre les uns et les autres au cours des dernières années.

Ces zones de non-droit qui se sont graduellement formées dans la région sahélo-saharienne, ont été rendues possibles à cause de la faiblesse de certains Etats de la région. Mais elles ont surtout été précipitées par la chute du dictateur libyen Kadhafi en 2011, et la dispersion de son impressionnant arsenal. Des armes sophistiquées sont alors tombées entre les mains de nombreux groupes terroristes et séparatistes qui se sont infiltrés dans toute la région du Sahel et du Sahara.

Le témoignage de l’ancienne otage italienne Maria Sandra Mariani a été particulièrement édifiant sur ces connexions entre crime organisé et groupes terroristes. Enlevée le 2 février de 2011 dans le sud de l’Algérie, elle a vécu pendant plus de 14 mois aux mains d’un groupe d’Aqmi. Ce dernier était dirigé par Adnane Abou Al Walid Assahrawi, un membre du Polisario, le mouvement séparatiste soutenu par l’Algérie qui lutte contre le Maroc au Sahara occidental.

Vivant encore les angoisses de cet épisode douloureux, Maria Sandra Mariani a confié qu’au-delà du témoignage de son calvaire personnel dont elle continue de porter les séquelles, elle témoigne «surtout pour dire que la situation doit changer ».

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