En Mauritanie, cinq chaînes de télévision privées ont partiellement  suspendu, cette semaine, leur diffusion sur injonction de la télédiffusion de Mauritanie (TDM), qui leur reproche de ne pas avoir honoré leurs redevances, alors que l’opposition y voit une manœuvre du président Mohamed Ould Abdelaziz  pour éliminer tout contre-pouvoir.

Les chaînes concernées par cette mesure, entrée en vigueur à partir du mardi 17 octobre, sont Sahel TV, Chinguitt, Al Wataniya, Al Mourabitoune et Dava TV. Plusieurs voix de l’opposition restent sceptiques sur le bien fondé du motif invoqué par les autorités concernant le « non recouvrement des créances ».

D’après eux, il s’agit d’une simple excuse pour éliminer toute opposition au pouvoir autoritaire du président. Ceci au moment où les libertés individuelles et publiques tendent à se restreindre et le pouvoir de Mohamed Ould Abdelaziz s’accroître de jour en jour dans le pays.

Le président mauritanien a ainsi forcé la tenue d’un referendum en août dernier afin de « légitimer » sa suppression de tous les contre-pouvoirs, notamment le sénat et d’autres institutions publiques.

Les cinq chaînes de télévision  privées suspendues, existaient depuis la libéralisation de l’espace audiovisuel en septembre 2011.

Pour les observateurs, cette situation ne fait qu’accroître les tensions dans le pays, entre le clan proche du président Ould Abdelaziz et une opposition politique affaiblie mais non résignée.

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