Burundi : l’Ouganda accueille les pourparlers de la dernière chance

Une importante délégation du gouvernement burundais ainsi que des membres de l’opposition et des représentants de la société civile débutent, lundi à Kampala, des négociations en vue du règlement de la crise politique qui menace de précipiter le pays dans une guerre civile aux conséquences imprévisibles.

Perçus comme les négociations de la dernière chance, les pourparlers de paix qu’accueille la capitale ougandaise sont placés sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni, désigné médiateur en chef des pays d’Afrique de l’Est pour le règlement de la crise burundaise.

Pour les observateurs, cette réunion au sommet est un signe encourageant pour la résolution de la crise au Burundi. C’est la première fois en effet que toutes les parties prenantes de ce conflit sont rassemblées autour de la même table de négociation.

Le gouvernement burundais avait jusqu’à présent refusé catégoriquement d’entamer des discussions avec la Cnared, la coalition qui regroupe les différents mouvements politiques opposés au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

Le chef d’Etat burundais avait en outre qualifié « d’organisation terroriste » la Cnared, l’accusant notamment d’être derrière un coup d’Etat raté en mai dernier et d’être la principale cause des attaques qui ont régulièrement lieu contre les forces de sécurités dans le pays.

Cette nouvelle session de pourparlers intervient par ailleurs dans un contexte particulièrement tendu. L’Union Africaine (UA), a en effet annoncé la semaine dernière la création d’une mission militaire composée de quelque 5 000 hommes destinée à venir à bout de cette crise politique qui tend de plus en plus vers la guerre civile.

Le but fixé à cette mission de l’UA sera d’intervenir directement au Burundi afin d’éviter une escalade des violences. Toutefois, le gouvernement burundais, avec à sa tête le président Pierre Nkurunziza, voit d’un mauvais œil l’ingérence de toute force militaire étrangère.