Une manifestation organisée mercredi à Bamako, en guise de protestation contre l’arrestation du blogueur, Mohamed Youssouf Bathily, alias «Ras Bath», a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, faisant, selon un premier bilan, au moins un mort et plusieurs blessés dont certains très grièvement.

Plus de 500 personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal du quartier de Lafia Bougou pour protester contre la comparution de Mohamed Youssouf Bathily, alias «Ras Bath», blogueur, chroniqueur radio et porte-parole du CDR (Collectif pour la défense de la République), arrêté dans la soirée du 15 août.

Sans sommation, les policiers ont tenté à coups de gaz lacrymogènes de disperser les manifestants. Ces derniers, essentiellement des jeunes, ont ensuite barricadé de nombreuses rues autour du tribunal, allumé des feux à l’aide de palettes et de pneus de voiture et jeté des pierres sur les policiers. La répression est montée d’un cran quand, après les gaz lacrymogènes, les policiers ont tiré à balles réelles en l’air, puis en direction des manifestants.

Les policiers sont accusés de n’avoir fait aucune distinction entre manifestants et habitants, gazant même l’intérieur d’une boutique de couture ainsi que des passants. Plusieurs blessés ont été évacués sur des motos.

Le dernier bilan donné par le chargé de communication du ministère de la Santé Ibrahim Famakan Coulibaly fait état d’un mort et de onze blessés, dont trois graves, ce qui fait craindre une aggravation du bilan. Le plan blanc a été déclenché et tous les médecins spécialistes ont été mobilisés pour prendre en charge les blessés à l’hôpital Gabriel-Touré de Bamako. Très critique envers le gouvernement, « Ras Bath » s’en est pris ces derniers jours à l’armée malienne, qui a subi récemment de lourdes pertes dans des attaques djihadistes et au président Ibrahim Boubacar Keïta qu’il a taxé d’incapacité à diriger l’armée. Le motif officiel de son arrestation lundi est « outrage aux bonnes mœurs ».

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