Un mois après l’instauration de l’état d’urgence en Éthiopie, les autorités ont arrêté plus de 11500 personnes, un chiffre qui illustre la fermeté avec laquelle elles répondent au mouvement de contestation antigouvernementale qui secoue le pays.

Une violente répression s’est abattue depuis quelques semaines sur les protestataires en Éthiopie. En effet, les chiffres publiés par le gouvernement cette semaine montrent le degré d’extrême de fermeté adopté par les autorités pour tenter de contenir les violences dans certaines régions du pays. Une situation jugée par les observateurs d’autant plus inquiétante qu’aucun des prévenus n’a été traduit en justice depuis le début des arrestations.

Outre ces emprisonnements massifs, le gouvernement éthiopien a également admis que des nombreuses personnes ont péri en prison durant ces dernières semaines. Les organisations de défense des Droits de l’Homme avancent le chiffre de 500 personnes ayant connu une fin tragique dans des prisons locales.

A l’origine de ces arrestations massives et de ces morts en prison, des mouvements de contestation  populaires qui ont éclaté il y a près d’un mois à cause de la décision gouvernementale d’étendre la superficie de la capitale, Addis-Abeba.

Les propriétaires terriens issus des ethnies Oromo et Amhara, qui sont majoritaires en Éthiopie, sont descendus massivement dans la rue pour contester cette décision.Voyant en cela un affront direct, les autorités ont riposté en réprimant violemment les manifestations successives qui ont éclaté un peu partout autour de la capitale éthiopienne.

Cette situation tendue a par ailleurs eu des conséquences négatives pour l’économie du pays. Le ministère du Tourisme éthiopien estime en effet  que l’instabilité coûtera près de 400 millions de dollars à l’économie cette année. Les touristes étrangers préférant opter pour des destinations plus stables sur le plan politique et moins dangereuses au niveau sécuritaire.

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