Nigeria : Huit soldats tués dans l’explosion d’une mine attribuée à l’ISWAP

Huit soldats nigérians ont été tués samedi dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, après l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule de patrouille, près de la frontière avec le Cameroun. L’attaque a été attribuée au groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), selon des sources sécuritaires citées dimanche par l’AFP.

Les militaires inspectaient les travaux de débroussaillage entrepris par des milices antijihadistes le long d’une route à la sortie de Gamboru lorsque leur véhicule a roulé sur un engin explosif dans le village de Kinuba, situé à environ 25 kilomètres de cette localité. Les huit occupants ont péri dans la déflagration, ont indiqué les mêmes sources.

Ibrahim Liman, membre d’une milice qui appuie l’armée dans la lutte contre les groupes jihadistes, a précisé que l’explosif avait été dissimulé sur la chaussée et déclenché à distance au moyen d’un cordon détonant. Un membre de la milice chargé de superviser les opérations de débroussaillage a également été blessé par des éclats.

Cette attaque survient dans un contexte de recrudescence des violences dans le nord-est du pays. Elle s’est produite alors que le chef d’état-major de l’armée de terre nigériane, le lieutenant-général Waidi Shaibu, rendait visite aux soldats déployés à Maiduguri, capitale de l’État de Borno. Quelques jours auparavant, une attaque contre une base militaire avait fait 20 morts, dont 15 soldats et cinq membres d’une milice antijihadiste.

Les groupes armés utilisent fréquemment les broussailles bordant les axes routiers pour dissimuler des explosifs et préparer des embuscades contre les forces de sécurité et les automobilistes.

Déclenchée en 2009, l’insurrection jihadiste au Nigeria a fait des dizaines de milliers de morts et contraint près de deux millions de personnes à fuir leurs habitations dans le nord-est du pays. Après une accalmie relative à la suite du pic de violence enregistré il y a une dizaine d’années, les attaques connaissent une nouvelle intensification depuis deux ans.

Le conflit s’est également étendu aux pays voisins, notamment au Niger, au Tchad et au Cameroun, favorisant la création d’une coalition militaire régionale destinée à combattre les groupes jihadistes.