Au moins 23 personnes, dont sept femmes et cinq enfants, ont été tuées dimanche lors d’une attaque attribuée au groupe jihadiste Boko Haram contre la localité de Ngouboua, dans la province du Lac, à l’ouest du Tchad. Une vingtaine d’autres personnes ont été grièvement blessées, selon des sources militaires.
Le capitaine Moussa Idris, officier tchadien ayant dirigé l’opération de sécurité, a confirmé ce bilan provisoire. D’après son témoignage, les assaillants, arrivés à moto, ont lancé une offensive coordonnée contre le marché local, provoquant la panique parmi les habitants.
Les forces de défense et de sécurité sont intervenues et ont annoncé avoir éliminé au moins onze combattants présumés de Boko Haram. Une opération de ratissage était toujours en cours afin de retrouver les assaillants ayant pris la fuite, a précisé l’officier.
Des témoins ont décrit une scène de chaos. Les assaillants avaient d’abord pris pour cible le poste de sécurité du marché avant de se disperser dans le village. Les tirs retentissaient dans plusieurs endroits, tandis que les habitants tentaient de fuir dans toutes les directions. Elle a également fait état de nombreux blessés, dont certains semblaient avoir perdu connaissance ou ne plus bouger.
Malgré les opérations régulièrement menées par les forces tchadiennes contre les groupes armés, les populations de la région demeurent particulièrement vulnérables aux attaques et aux déplacements forcés.
Située sur les rives du lac Tchad, la province du Lac est depuis plusieurs années le théâtre d’incursions meurtrières attribuées à Boko Haram. Cette zone transfrontalière, partagée entre le Tchad, le Niger, le Cameroun et le Nigeria, comprend de nombreux îlots utilisés comme refuges par les groupes jihadistes, notamment Boko Haram et sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Grâce à leur mobilité, notamment à moto, en véhicule ou en pirogue, les combattants peuvent mener des attaques rapides avant de se retirer à l’approche des forces de sécurité.
Selon les Nations unies, Boko Haram et l’ISWAP sont responsables de plus de 35 000 morts et du déplacement d’environ 2,7 millions de personnes dans la région, principalement au Nigeria, mais aussi au Tchad, au Cameroun et au Niger.
