Les partisans de la thèse d’une appartenance historique d’Illizi à l’espace libyen mettent en avant les liens anciens entre le Fezzan et les régions sahariennes voisines, rapprochés pendant des siècles par les échanges commerciaux, les routes caravanières et les relations tribales. Selon eux, les frontières actuelles ne traduisent pas nécessairement toutes les réalités historiques du Sahara, où les populations ont longtemps circulé bien au-delà des nouvelles limites territoriales.
L’Algérie est aujourd’hui confrontée à une situation sécuritaire préoccupante sur son flanc méridional, marquée par des mouvements de troupes observés depuis plusieurs mois dans le sud-ouest de la Libye, notamment près de la frontière algérienne. Cette réorganisation militaire, liée aux forces du maréchal Khalifa Haftar, attire l’attention sur les enjeux stratégiques de cette zone sensible.
Les déplacements de soldats signalés dans les territoires libyens limitrophes soulèvent des interrogations sur les objectifs de ce nouveau dispositif. Le Sud libyen représente un espace stratégique où se concentrent les enjeux de contrôle territorial, de sécurisation des axes de circulation et de surveillance frontalière. Dans un pays toujours marqué par des divisions politiques et militaires, le renforcement de la présence armée dans cette région est susceptible d’avoir des répercussions sur l’équilibre sécuritaire des Etats voisins avec l’Algérie.
Pour Alger, cette situation revêt une importance particulière. Djanet et Illizi, situées dans le sud-est algérien, se trouvent à proximité de cette zone frontalière sensible. Toute modification du dispositif militaire libyen dans les secteurs limitrophes pourrait ainsi accentuer la vigilance des autorités algériennes, soucieuses de préserver l’intégrité du territoire national et de prévenir les infiltrations de groupes armés ainsi que les activités de contrebande transfrontalière.
Le maréchal Khalifa Haftar, qui exerce son influence sur une grande partie de l’est et du sud de la Libye à travers l’Armée nationale libyenne, a fait de la maîtrise du territoire et de la sécurisation des zones désertiques des priorités de son dispositif militaire.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte régional où la surveillance des frontières sahariennes reste un enjeu majeur. La proximité des espaces désertiques libyens avec l’Algérie, le Niger et le Tchad confère à tout redéploiement de troupes une dimension particulièrement sensible.
