Le Nigeria a confirmé son premier cas de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, devenant le quatrième pays africain touché cette année par cette variante, qui sévit depuis plusieurs mois en République démocratique du Congo (RDC). Cette nouvelle contamination ravive les souvenirs de l’épidémie de 2014, que le pays le plus peuplé d’Afrique était parvenu à maîtriser au prix d’une mobilisation sanitaire intense.
Les autorités nigérianes ont annoncé mardi la détection d’un premier cas chez une diplomate arrivée à Abuja le 3 octobre à bord d’un vol en provenance d’Ouganda. Quarante-quatre personnes ayant été en contact avec la diplomate, ont été identifiées et font l’objet d’un suivi sanitaire.
Mercredi, les analyses de laboratoire ont confirmé que la patiente était infectée par la souche Bundibugyo, également responsable de l’épidémie en cours en RDC. « Nous avons effectué trois niveaux de tests, tous moléculaires. La souche était Bundibugyo », a déclaré Olajumoke Babatunde, responsable des services de laboratoire de santé publique au Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC).
Selon un autre responsable sanitaire, l’état de la diplomate s’est détérioré jusqu’à provoquer une défaillance multiviscérale. Elle avait été admise dans un établissement privé d’Abuja, où elle a reçu des soins pendant plusieurs jours avant la confirmation du diagnostic. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que les mesures de prévention et de contrôle des infections avaient été renforcées dans cet hôpital.
La propagation du virus suscite une inquiétude croissante sur le continent. La RDC fait face depuis mai à sa 17e épidémie d’Ebola, devenue la plus meurtrière de son histoire. Selon les données sanitaires congolaises citées dans le bilan disponible, plus de 9 000 cas et 4 381 décès ont été recensés. L’Ouganda, pays voisin de la RDC, avait enregistré 20 cas et deux morts avant de déclarer l’épidémie terminée à la fin août. Le Kenya a également signalé un neuvième cas.
Mardi, Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a qualifié la situation de « menace extrêmement grave », appelant à une mobilisation internationale.
A ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible contre la souche Bundibugyo, même si un essai clinique est en cours.
Le Nigeria garde en mémoire l’épidémie de 2014, au cours de laquelle le virus avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016. Après l’apparition d’un premier cas à Lagos, les autorités nigérianes avaient rapidement coordonné la réponse sanitaire avec l’appui d’organisations internationales. L’épisode avait été contenu en 21 jours, avec 19 personnes contaminées et sept décès.
Cette nouvelle alerte suscite inquiétude et appels à la vigilance à Abuja. Plusieurs habitants plaident pour une vaste campagne de sensibilisation et une mobilisation conjointe des autorités fédérales et locales afin de limiter les risques de transmission et d’éviter une nouvelle crise sanitaire.
