CEDEAO-AES : Vers un accord-cadre de coopération entre les deux organisations

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des Etats du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ont décidé de franchir une nouvelle étape dans leurs relations. Réunies samedi à Dakar, les deux organisations ont convenu de créer des groupes de travail thématiques conjoints chargés de préparer un accord-cadre de coopération.

Cette décision figure dans un communiqué conjoint publié à l’issue de la première session de la réunion ministérielle consacrée au dialogue entre les deux entités. Cette rencontre avait pour objectif d’établir les bases d’une future collaboration et d’identifier les domaines d’intérêt commun.

Les travaux ont été coprésidés par le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, président du Conseil des ministres de la CEDEAO, et son homologue burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, à la tête du Comité ministériel de pilotage de la Confédération AES.

Dans leur déclaration, les deux parties ont salué le climat de fraternité, d’ouverture et de respect mutuel ayant marqué les échanges. Elles ont également souligné les liens historiques, culturels, sociaux et économiques qui rapprochent les populations de la région, réaffirmant leur attachement au bon voisinage, au respect de la souveraineté des États et à la préservation du bien-être des citoyens.

Dans la continuité des consultations organisées le 22 mai 2025 à Bamako, les discussions ont permis d’examiner plusieurs pistes de coopération. Les deux organisations ont exprimé leur volonté de bâtir un partenariat « équilibré, réaliste et qui préserve les intérêts de leurs peuples ».

Les groupes de travail auront pour mission de conduire les discussions techniques avant de soumettre leurs conclusions aux ministres lors de leur prochaine session. Les échanges porteront notamment sur la libre circulation des personnes et des biens, les infrastructures, le développement, la paix, la sécurité ainsi que les questions juridiques et institutionnelles.

A l’ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie burkinabè a insisté sur la nécessité d’un dialogue franc et objectif, centré sur les intérêts des populations. De son côté, le médiateur en chef de la CEDEAO auprès de l’AES, Lansana Kouyaté, a appelé à la rigueur et à l’ouverture d’esprit.

L’Union africaine, par l’intermédiaire de son envoyé spécial pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a plaidé pour la pérennisation de ce mécanisme. Les Nations unies ont également exprimé leur disponibilité à accompagner le processus.

Le Sénégal, qui assure actuellement la présidence en exercice de la CEDEAO, joue ainsi un rôle central dans cette initiative de rapprochement entre les deux organisations régionales.