La justice centrafricaine a annoncé samedi l’ouverture d’une enquête contre les organisateurs d’une nouvelle journée « ville morte », prévue lundi à Bangui. Le procureur de la République les accuse d’incitation à la désobéissance civile, dans un contexte de tensions sociales provoquées par la hausse des prix des carburants.
Depuis le début du mois d’octobre, l’augmentation des tarifs à la pompe, décidée par le gouvernement, suscite une vive contestation dans ce pays confronté à une situation économique difficile et à une dégradation du pouvoir d’achat.
Cette procédure judiciaire intervient alors que trois responsables de la société civile, à l’origine d’une première opération « ville morte » organisée le 12 octobre, sont toujours détenus dans les locaux de la police, selon des membres de leurs organisations.
Dans une déclaration diffusée samedi à la télévision nationale, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bangui, Guy Martial Damanguere, a dénoncé la volonté des initiateurs de poursuivre une démarche qui, selon lui, vise à déstabiliser les institutions et à perturber davantage l’ordre public.
Le magistrat affirme que ce nouvel appel cherche à paralyser les activités scolaires, commerciales et économiques du pays. Il estime également que cette mobilisation pourrait favoriser des troubles, des incitations à la haine et à la violence, alimentant ainsi l’inquiétude au sein de la population.
Le parquet entend identifier les personnes impliquées, les interpeller et les traduire en justice. À cette fin, le procureur a également appelé les citoyens à signaler les individus susceptibles d’être liés à l’organisation du mouvement.
Sur le terrain, la hausse des prix du carburant a déjà des répercussions sur le quotidien des habitants. Le renchérissement des transports entraîne une augmentation du coût des produits alimentaires de première nécessité, accentuant les difficultés des ménages.
À ces tensions économiques s’ajoutent les problèmes récurrents d’approvisionnement en carburant, liés notamment aux contraintes sécuritaires et logistiques. Enclavée, la Centrafrique dépend largement des importations acheminées par le port de Douala, au Cameroun. Ces difficultés favorisent également le développement du marché noir et aggravent la vulnérabilité des consommateurs face aux fluctuations des prix.
La nouvelle journée « ville morte » annoncée lundi intervient ainsi dans un climat de mécontentement social croissant, tandis que les autorités judiciaires affichent leur détermination à empêcher toute perturbation de l’ordre public.
