Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) suit de près la situation à Moyale, à la frontière entre l’Ethiopie et le Kenya, où les affrontements ont poussé environ 50 000 personnes à chercher refuge au Kenya. Ce bilan provisoire pourrait évoluer, selon l’agence onusienne.
Les combats ont éclaté le 20 octobre, après qu’un drapeau de la région Somali a été hissé dans cette ville frontalière. Depuis le 22 octobre, d’importants mouvements transfrontaliers ont été signalés, a indiqué Fatima Mohammed-Cole, représentante du HCR au Kenya.
Parmi les personnes déplacées figurent de nombreuses femmes et des enfants. Certains sont hébergés par des proches, tandis que d’autres ont trouvé refuge dans des écoles et des églises. Les besoins en nourriture, en eau potable, en abris, en installations sanitaires et en soins de santé sont particulièrement urgents.
Le HCR a déployé une équipe d’urgence à Moyale et mobilise des articles de première nécessité ainsi que du matériel pour construire des abris temporaires destinés à près de 12 000 personnes. En coordination avec les autorités kényanes, la Croix-Rouge et d’autres partenaires, l’agence recherche également des solutions d’hébergement plus sûres, loin de la frontière.
Ces déplacements surviennent dans un contexte de tensions persistantes en Ethiopie, où les forces fédérales affrontent des mouvements rebelles en Oromia et en Amhara. Des combats ont également repris dans la région du Tigré.
Dans le nord du pays, les agences humanitaires poursuivent leur assistance. En Amhara, le Programme alimentaire mondial (PAM) distribue au moins 428 tonnes de vivres dans les zones de Gondar-Nord et de Wag Hemra, touchées par les conflits, l’insécurité alimentaire et les effets d’El Niño.
Au Tigré, 45 camions de vivres acheminés par l’organisation World Vision sont arrivés à Shire. En Afar, les partenaires fournissent de l’eau, du matériel d’hygiène et d’assainissement ainsi qu’une aide financière d’urgence, tout en s’efforçant de renforcer les services de santé.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) avertit toutefois que les besoins dépassent les capacités d’intervention. Face au manque de financements, les Nations Unies appellent à des contributions supplémentaires pour soutenir les populations de l’Afar, de l’Amhara et du Tigré.
Le coordonnateur humanitaire en Ethiopie, Ozonnia Ojielo, poursuit ses échanges avec les autorités fédérales et régionales afin de garantir un accès sûr aux zones touchées et de faciliter l’acheminement de l’aide.
