La situation sécuritaire se tend dans le sud-ouest de la Somalie, où plusieurs localités seraient passées sous le contrôle de forces fidèles à l’ancien gouverneur régional, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen. Des témoins ont rapporté ces avancées samedi, tandis que des responsables liés au pouvoir fédéral contestent ces déclarations.
Laftagareen avait été écarté en mars de son poste de gouverneur de l’État du Sud-Ouest par les forces du gouvernement fédéral, dirigé par le président Hassan Sheikh Mohamud. Depuis, l’ancien responsable tente de reprendre la main sur cette région stratégique, notamment sur Baidoa, sa principale ville.
Dans un communiqué, il a affirmé que ses partisans avaient repris quatre districts et plusieurs positions importantes dans la région de Bay. Il a notamment cité Qansaxdheere, Buurhakaba, Berdaale, Diinsoor et Awdiinle, d’où, selon lui, les forces loyales au gouvernement central ont été chassées.
A Berdaale, des combattants des forces Darawish, fidèles à Laftagareen, lourdement armés et circulant à moto, auraient pris le contrôle de la localité sans rencontrer de résistance, selon un habitant interrogé par l’AFP. Des responsables locaux auraient fui vers une base voisine accueillant la mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM), engagée dans la lutte contre le groupe islamiste Al-Shabaab. Les troupes éthiopiennes présentes sur place ne seraient pas intervenues, d’après ce témoignage.
Un autre habitant a fait état d’avancées rapides des forces de l’ancien gouverneur dans les localités entourant Baidoa, à Diinsoor.
Les autorités du Sud-Ouest livrent toutefois une version opposée des événements. Des responsables militaires affirment que leurs troupes ont repris plusieurs villes, notamment Berdaale, Diinsoor, Buurhakaba, Qansaxdheere et Awdiinle, située à une trentaine de kilomètres de Baidoa. Le ministre régional de l’Information, Nur Sidow Baba, a assuré que les localités encore contrôlées par les partisans de Laftagareen seraient replacées sous l’autorité du gouvernement.
Cette confrontation s’inscrit dans un bras de fer politique plus large entre le président somalien et plusieurs dirigeants régionaux. Laftagareen s’était notamment opposé à la réforme constitutionnelle portée par Hassan Sheikh Mohamud, qui avait prolongé d’un an son mandat et celui des parlementaires, une décision dénoncée par l’opposition.
