Soudan : 30 morts et 47 blessés dans une frappe de drone sur un marché à Nyala

Une frappe de drone a fait au moins 30 morts et 47 blessés vendredi sur un marché aux bestiaux de Nyala, ville contrôlée par les Forces de soutien rapide (FSR) dans la région du Darfour. Les paramilitaires ont accusé l’armée soudanaise d’être à l’origine de l’attaque, tandis qu’une source militaire a confirmé l’intensification des frappes dans le secteur, assurant que seules des cibles militaires étaient visées.

Selon une source médicale de l’hôpital de Nyala, l’attaque s’est produite vendredi matin, en pleine affluence. Les FSR ont dénoncé le bombardement d’une zone civile densément peuplée par un drone de fabrication turque. Selon leurs premières informations, des femmes et des enfants figureraient parmi les victimes.

Capitale du Darfour du Sud et deuxième ville du pays, Nyala accueille le siège de l’administration parallèle mise en place par les FSR. La ville est régulièrement ciblée par l’armée, qui cherche à reprendre les territoires contrôlés par les paramilitaires. Les bombardements se sont intensifiés vendredi, deux jours après une frappe contre l’aéroport local.

Les FSR contrôlent une grande partie du Darfour depuis la prise d’El-Facher, il y a un an. Cette offensive, qui leur a permis de s’emparer de la dernière grande ville de la région encore tenue par l’armée, a été marquée par des violences que l’ONU a estimé présenter « les caractéristiques d’un génocide ».

Depuis avril 2023, le conflit entre l’armée et les FSR a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 11 millions de personnes, plongeant le Soudan dans une crise humanitaire majeure.

Les deux camps multiplient désormais les attaques de drones au-delà des lignes de front. Selon l’ONU, ces frappes ont causé plus de 1 100 morts dans le pays durant les six premiers mois de l’année.

Les violences touchent également le Kordofan. Jeudi, une frappe aérienne de l’armée dans un village du Kordofan du Nord a tué cinq enfants d’une même famille, selon l’organisation Emergency Lawyers, qui a aussi signalé la mort de 15 personnes lors de bombardements visant un centre d’accueil de déplacés et un internat universitaire dans cette région stratégique.