Des experts indépendants de l’ONU ont appelé, lundi, les autorités maliennes à procéder à la « libération immédiate et inconditionnelle » de trois militants politiques, Moulaye Baba Haïdara, Mahamoud Mohamed Mangane et Amadou Togola, qui nécessitent des soins médicaux suite à des tortures et mauvais traitements subis en détention.
Les experts ont exprimé leur inquiétude après avoir pris connaissance de rapports médicaux et d’autres informations suggérant que les trois hommes auraient été victimes de torture et de traitements cruels pendant leur incarcération à l’Agence nationale de la Sécurité d’État (ANSE).
« Nous sommes alarmés par les informations faisant état de mauvais traitements infligés à Haïdara, Mangane et Togola pendant leur détention », ont déclaré les experts dans un communiqué.
Les trois militants, membres du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) et du Mouvement pour la paix au Mali (MPPM), ont déposé une requête auprès de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples le 29 juillet 2024, demandant la libération. En réponse, le 29 octobre 2024, la Cour a ordonné des mesures conservatoires, demandant au Mali de suspendre les mandats d’arrêt contre eux et de les libérer afin qu’ils puissent recevoir les soins médicaux spécialisés nécessaires.
Les experts, mandatés par le Conseil des droits de l’homme mais ne parlant pas au nom de l’ONU, ont souligné : « Nous demandons instamment aux autorités maliennes de respecter l’ordonnance de la Cour africaine pour garantir qu’ils reçoivent les soins médicaux dont ils ont besoin. » Ils ont ajouté : « Nous demandons également un examen rapide des accusations portées contre eux, qui semblent être une forme de représailles pour l’exercice de leur liberté d’expression, et leur libération immédiate si ces accusations sont infondées. »
Les trois hommes ont été enlevés par des agents de l’ANSE respectivement les 25 mai, 26 mai et 23 juin 2023. Ils ont été détenus dans des conditions inhumaines, en secret, dans les locaux de l’ANSE, avant d’être transférés en octobre 2023 à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako.