Le gouvernement malien a décidé de renforcer sa lutte contre l’exploitation illégale de l’or en créant une brigade spéciale des Mines, chargée de combattre l’orpaillage clandestin qui prive l’Etat d’importantes recettes et alimente des circuits commerciaux informels.
La décision a été entérinée lors du dernier Conseil des ministres, au cours duquel plusieurs projets de texte portant création de cette unité spécialisée ont été adoptés. L’annonce figure dans un communiqué publié à l’issue de la réunion et relayé par plusieurs médias locaux.
Dotée d’une compétence à l’échelle nationale et investie de pouvoirs de police judiciaire, cette brigade aura pour mission de renforcer les dispositifs existants de contrôle et de répression face à l’ampleur du phénomène.
Selon les autorités, la mise en place de cette structure répond à la multiplication des activités d’extraction illégale de l’or, au trafic de substances minérales et à l’utilisation de produits chimiques interdits dans certaines zones d’exploitation.
Le gouvernement souligne également les conséquences environnementales de ces pratiques, notamment la dégradation de la faune et de la flore, ainsi que les risques sanitaires et sécuritaires pour les populations locales. Les sites d’orpaillage artisanal sont par ailleurs régulièrement le théâtre d’accidents mortels.
« Face à l’ampleur du phénomène et à ses conséquences sur la faune, la flore et le bien-être des populations, il est apparu nécessaire de créer une structure spécialisée à compétence nationale », indique le communiqué officiel.
Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Certaines années, la production industrielle dépasse les 100 tonnes, même si elle se situe généralement entre 60 et 70 tonnes, selon les données du ministère des Mines.
L’or représente la principale source de devises du pays, comptant pour plus de 70 % des exportations et contribuant entre 8 % et 10 % au produit intérieur brut.
Parallèlement à l’exploitation industrielle menée par plusieurs compagnies internationales, l’orpaillage artisanal occupe une place importante dans plusieurs régions, notamment à Kayes, Sikasso et Koulikoro.
D’après les estimations officielles, plus de 400 000 personnes travaillent directement dans l’exploitation artisanale de l’or, tandis que plusieurs millions de Maliens tirent des revenus indirects des activités commerciales et de services liées à ce secteur.
