Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé ce dimanche le démarrage officiel de l’exploitation de la nouvelle ligne ferroviaire Gara Djebilet – Tindouf – Béchar, un projet présenté comme stratégique pour le développement national et l’intégration des régions minières.
Mais derrière la séquence d’inauguration soigneusement orchestrée, une autre dynamique s’est laissée entrevoir : celle d’un pouvoir qui resserre son emprise sur l’ensemble des centres de décision.
C’est la présence du général Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, qui a suscité le plus de commentaires.
Officiellement membre du premier cercle institutionnel, il est apparu tout au long de la journée relégué à l’arrière-plan, silencieux lors des annonces majeures et absent des échanges clés.
Plusieurs observateurs y voient le signe d’un basculement profond dans l’équilibre des pouvoirs. Là où l’institution militaire occupait historiquement une place centrale dans la prise de décision, le président Abdelmadjid Tebboune semble désormais déterminé à concentrer l’autorité entre ses seules mains, réduisant progressivement l’influence des figures susceptibles de constituer des pôles autonomes.
Dans la soirée, à l’aéroport Boudghene Ben Ali Lotfi de Béchar, lors du lancement de la ligne ferroviaire minière ouest destinée au transport du minerai vers le nord du pays, le contraste était encore plus marqué. Tandis que le Président monopolisait la parole et la mise en scène, le Chef d’état-major se contentait d’un rôle protocolaire, presque effacé.
D’après plusieurs sources proches du pouvoir, le remplacement du général Saïd Chengriha par le général Foudil Nacereddine ou par le général limogé Athamnia Amar, serait en cours de préparation.
Non pas pour des raisons techniques ou économiques, mais dans le cadre d’une stratégie plus large visant à remodeler l’appareil sécuritaire afin qu’il soit entièrement aligné sur l’autorité présidentielle.
L’objectif : éliminer toute zone d’influence indépendante et consolider une chaîne de commandement verticale, directement rattachée au sommet de l’État.
Ainsi, derrière l’image d’un pays qui modernise ses infrastructures ferroviaires, se dessine une transformation politique et sécuritaire plus silencieuse mais tout aussi déterminante : celle d’un Président qui, pas à pas, s’emploie à s’accaparer l’ensemble des leviers du pouvoir.
