Des combats ont éclaté mardi dans une ville sous contrôle de l’opposition dans l’État du Jonglei, au Soudan du Sud. L’information a été rapportée mercredi par des responsables de l’opposition sud-soudanaise ainsi que par une source sécuritaire. La situation humanitaire y demeure particulièrement préoccupante, alors que des centaines de milliers de civils déplacés se retrouvent privés d’assistance.
Depuis décembre, l’Etat du Jonglei est devenu l’un des principaux foyers des affrontements opposant les forces gouvernementales fidèles au président Salva Kiir aux milices rebelles loyales à son rival politique de longue date, Riek Machar. Les combats ont repris après l’effondrement de l’accord de partage du pouvoir qui devait stabiliser le pays.
Selon les estimations des Nations unies publiées fin février, au moins 280.000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer depuis la reprise des hostilités.
La tension s’est encore accrue la semaine dernière lorsque l’armée sud-soudanaise a exigé que les troupes de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) ainsi que les organisations non gouvernementales présentes dans la zone d’Akobo, bastion de l’opposition, quittent les lieux « immédiatement ». Cette demande avait été formulée en prévision d’éventuelles opérations militaires.
Dans un communiqué diffusé sur Facebook, un porte-parole de l’opposition a affirmé que ses combattants avaient « stratégiquement évacué » la ville afin d’attirer les forces gouvernementales et leurs alliés vers Akobo avant de lancer une contre-attaque mardi. Selon lui, cette manœuvre aurait abouti à la « défaite » des troupes adverses.
L’opposition assure toujours contrôler le chef-lieu du comté d’Akobo, démentant ainsi une annonce antérieure de l’armée affirmant avoir réinstallé dans la région le commissaire « légitime ».
La crise humanitaire s’aggrave parallèlement aux combats. Près de 200.000 personnes ont été déplacées dans la seule zone d’Akobo. La majorité se trouve désormais à Tiergol, une localité située près de la frontière éthiopienne, où aucune organisation humanitaire n’est actuellement présente pour leur venir en aide, selon la même source.
De son côté, la Minuss qui dispose d’un contingent d’environ cent Casques bleus à Akobo, a indiqué ne pas avoir donné suite à l’ordre de retrait émis par l’armée sud-soudanaise.
Indépendant depuis 2011 après des décennies de guerre contre Khartoum, le Soudan du Sud reste fragilisé par des rivalités politiques et militaires persistantes. Le pays a déjà été ravagé par une guerre civile entre 2013 et 2018 opposant les camps de Salva Kiir et de Riek Machar, un conflit qui avait fait plus de 400.000 morts.
