Une humanitaire française travaillant pour l’Unicef a été tuée dans la nuit de mardi à mercredi lors d’une frappe de drone à Goma, grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), contrôlée depuis janvier 2025 par le groupe rebelle M23. L’information a été confirmée par plusieurs sources humanitaires et par les secours dépêchés sur place.
Selon des témoins, plusieurs explosions ainsi que des bruits de drones ont été entendus durant la nuit dans cette ville du Nord-Kivu, située à la frontière rwandaise. Les frappes auraient fait plusieurs victimes.
La commissaire européenne chargée de la gestion des crises, Hadja Lahbib, a indiqué sur le réseau X qu’un drone avait touché un immeuble résidentiel où logeaient des travailleurs humanitaires, dont du personnel de la direction générale européenne de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire (ECHO).
Le président français Emmanuel Macron a confirmé dans la matinée la mort d’« une humanitaire française de l’Unicef », adressant son soutien à la famille et appelant au respect du droit humanitaire et à la protection des personnels engagés sur le terrain.
La frappe a touché une résidence située dans le quartier résidentiel de Himbi, au bord du lac Kivu, où vivent de nombreux expatriés et employés d’organisations internationales. Après la prise de Goma, plusieurs grandes propriétés du secteur avaient été réquisitionnées par des responsables du M23.
Selon des sources sécuritaires, l’attaque visait probablement des cadres ou des proches du mouvement rebelle, et la maison occupée par l’humanitaire française aurait été touchée par erreur. Un travailleur humanitaire présent à proximité a rapporté avoir entendu deux explosions successives, précédées puis suivies par le bruit de drones.
Mercredi matin, pompiers, personnel de la mission de l’ONU et responsables du M23 étaient présents sur les lieux. La maison, gravement endommagée et partiellement incendiée, présentait de nombreux impacts sur les murs et le mobilier. Aucun débris de drone n’avait encore été identifié.
Le porte-parole du M23 a accusé les autorités congolaises d’être à l’origine de la frappe. Kinshasa n’a pour l’instant pas réagi officiellement. Les forces gouvernementales, positionnées à plusieurs centaines de kilomètres de Goma, mènent régulièrement des frappes de drones à longue portée contre les positions rebelles.
Soutenu par le Rwanda selon plusieurs sources internationales, le M23 contrôle depuis fin 2021 de larges territoires dans l’est de la RDC, une région riche en ressources minières et en proie à des conflits armés depuis trois décennies. Malgré plusieurs tentatives de médiation et un accord de paix fragile signé en décembre, les combats se poursuivent.
