Congo-Brazzaville : Un pays riche en ressources mais fragile

A l’approche de l’élection présidentielle du 15 mars, où l’octogénaire Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis plus de quarante ans au total, brigue un nouveau mandat, voici cinq éléments clés pour comprendre le Congo-Brazzaville, pays d’Afrique centrale riche en ressources mais confronté à d’importants défis économiques et sociaux, selon l’AFP.

Troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne derrière le Nigeria et l’Angola, le Congo souvent appelé Congo-Brazzaville pour le distinguer de la République démocratique du Congo (RDC) a commencé à produire du gaz naturel liquéfié (GNL) en 2024, principalement destiné à l’exportation. Début 2025, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre, d’ici trois ans, une production de 500.000 barils équivalent pétrole par jour. Le pétrole reste le pilier de l’économie nationale : il représente environ la moitié du PIB et près de 80 % des exportations, selon la Banque mondiale. Malgré cette richesse, près d’un habitant sur deux vits sous le seuil de pauvreté.

Depuis son indépendance de la France en 1960, le pays a été marqué par plusieurs coups d’État et épisodes de guerre civile. En 1969, un putsch a instauré la « République populaire du Congo », un régime marxiste-léniniste à parti unique dirigé par le Parti congolais du travail (PCT), aligné sur le bloc soviétique. Après la chute de l’URSS, le pays a adopté le multipartisme en 1992 et repris le nom de République du Congo.

Si l’influence économique de la France s’est progressivement réduite, elle demeure l’un des principaux investisseurs étrangers, aux côtés de la Chine. Parallèlement, Brazzaville entretient des relations étroites avec la Russie, une coopération historiquement centrée sur la formation militaire et l’éducation, et désormais élargie à des secteurs comme l’énergie, notamment avec des projets d’infrastructures pétrolières.

Avec environ six millions d’habitants, le Congo est l’un des pays les moins densément peuplés d’Afrique. Plus de la moitié de la population vit dans les deux grandes villes du pays : Brazzaville, la capitale, et Pointe-Noire, le principal centre économique. La population est très jeune, près d’un habitant sur deux ayant moins de 18 ans. L’accès à l’électricité reste très inégal : environ 67 % des citadins en bénéficient, contre à peine plus de 12 % dans les zones rurales.

Le Congo abrite une partie du bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie. Ce vaste écosystème, partagé avec cinq autres pays d’Afrique centrale, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial et abrite une biodiversité exceptionnelle. Le parc de Nouabalé-Ndoki, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, protège notamment des populations d’éléphants et de gorilles. Mais la déforestation progresse : selon la Banque mondiale, la perte de forêts dans la région a presque doublé entre 2010 et 2020, notamment sous l’effet de l’expansion agricole et des infrastructures.