Botswana : Les églises pentecôtistes et évangéliques s’opposent à la demande de reconnaissance du mariage homosexuel

Des organisations religieuses et des défenseurs des traditions coutumières du Botswana ont exprimé mardi leur opposition à la procédure engagée par un couple de femmes visant à faire invalider les dispositions légales qui réservent le mariage aux couples hétérosexuels.

Bonolo Selelo, 41 ans, et Tsholofelo Kumile, 39 ans, ont saisi la justice pour contester la constitutionnalité de la loi sur le mariage. Elles estiment que le texte est discriminatoire, dans la mesure où il prévoit qu’une union ne peut être célébrée qu’entre un « marié » et une « mariée ».

Selon des documents judiciaires, leur demande d’enregistrement de mariage a été rejetée en 2025. Les autorités leur auraient alors suggéré de se marier en Afrique du Sud, seul pays du continent à reconnaître légalement les unions entre personnes de même sexe.

Cette démarche judiciaire suscite une vive opposition. L’association Dingwetsi, influente dans la promotion du mariage traditionnel, considère que cette requête pourrait remettre en cause les valeurs culturelles du pays, le droit coutumier ne reconnaissant que les unions entre un homme et une femme.

De son côté, l’Evangelical Fellowship of Botswana, qui fédère 75 églises, a fait valoir par l’intermédiaire de son avocat que le mariage homosexuel est incompatible avec les convictions religieuses de ses membres.

Le Botswana a toutefois marqué une évolution en matière de droits des personnes LGBT+ en 2019, lorsque la Haute Cour a dépénalisé les relations homosexuelles, auparavant passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison.

A l’échelle du continent, l’Afrique du Sud demeure le seul Etat à autoriser le mariage entre personnes de même sexe. Si plusieurs pays d’Afrique australe, dont l’Angola, le Lesotho et le Mozambique, ont également dépénalisé l’homosexualité, la majorité des Etats africains continuent de criminaliser ces relations. Certains, comme l’Ouganda, le Sénégal et le Niger, ont même récemment renforcé leur législation à l’encontre des personnes LGBT+.