Libye : L’ange de la mort de la prison de Mitiga sera jugé par la CPI

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, mercredi, sa compétence pour juger Khaled Mohamed Ali El Hishri, ancien responsable de la prison de Mitiga, près de Tripoli. Poursuivi pour 17 chefs d’accusation liés à des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, il devra répondre d’actes présumés commis entre février 2015 et le début de l’année 2020.

Agé de 48 ans, Khaled El Hishri est accusé d’avoir personnellement participé à des actes de torture, de violences sexuelles et d’homicides contre des détenus. Dans un communiqué, la juridiction basée à La Haye a indiqué que sa « Chambre préliminaire I » avait conclu que les conditions étaient réunies pour exercer sa compétence sur cette affaire. La date de l’ouverture du procès n’a toutefois pas encore été fixée.

Lors des audiences organisées en mai afin d’évaluer les éléments de preuve, la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, avait présenté l’ancien directeur de la prison comme un tortionnaire notoire. Plusieurs témoins ont également livré des récits accablants, qualifiant le suspect de l’un des pires instigateurs de violences au sein de l’établissement pénitentiaire, surnommé « l’ange de la mort ».

De son côté, la défense rejette catégoriquement ces accusations. Son avocat, Yasser Mohamed Ahmed Hassan, a affirmé devant les juges que son client contestait l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Cette procédure marque une étape importante pour la CPI, puisque Khaled El Hishri est le premier suspect à comparaître dans le cadre de l’enquête ouverte sur les crimes commis en Libye depuis 2011, à la demande du Conseil de sécurité des Nations unies.

Plus de dix ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, renversé à la suite du soulèvement soutenu par l’OTAN, la Libye demeure confrontée à une instabilité politique et sécuritaire persistante. La CPI poursuit, dans ce contexte, son mandat consistant à juger les responsables présumés des crimes les plus graves, notamment les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.