Les autorités égyptiennes ont arrêté une soixantaine de personnes soupçonnées d’être liées à un groupe d’opposition actif sur la plateforme Discord sous le nom de « GenZ002 », a indiqué mercredi Shorouk Sallam, avocate représentant plusieurs des personnes poursuivies.
Selon la responsable de l’équipe juridique de l’organisation de défense des droits humains Egyptian Front for Human Rights, les suspects sont notamment accusés d’appartenance à une organisation terroriste, de diffusion de fausses informations et d’utilisation abusive des réseaux sociaux.
D’après Me Sallam, les premières arrestations remontent à la fin de l’année 2025, mais la campagne s’est intensifiée à partir de la mi-mai. Au total, une soixantaine de personnes ont été interpellées.
Les personnes visées auraient rejoint un serveur Discord créé par Anas Habib, un militant égyptien installé à l’étranger. Ce dernier encourageait, selon l’avocate, des formes de contestation telles que la réalisation de graffitis, la distribution de tracts et la participation à un sondage en ligne appelant à la destitution du président, le général Abdel Fattah al-Sissi.
Anas Habib avait été arrêté en Europe en 2025 dans le cadre d’enquêtes portant sur une attaque présumée contre l’ambassade d’Égypte à Amsterdam ainsi que sur des menaces visant une visite du président égyptien à Bruxelles.
Très populaire auprès des jeunes, la plateforme Discord a été temporairement bloquée en Egypte au début de l’année. Elle avait également servi de canal d’organisation lors des mobilisations de la « génération Z » observées l’an dernier au Népal et au Maroc.
Le gouvernement égyptien est régulièrement pointé du doigt par des organisations internationales pour les restrictions imposées aux libertés publiques et à la liberté d’expression. Ces dernières années, plusieurs créateurs de contenus, influenceurs et humoristes ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste campagne de répression.
Initialement utilisée pour désigner les personnes nées entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000, l’appellation « Gen Z » renvoie désormais à des mouvements de jeunes dénonçant les inégalités sociales et politiques. En 2025, ces mobilisations ont gagné plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, contribuant notamment à la chute des gouvernements du Népal et de Madagascar.
