Mali : la société paramilitaire russe  “Wagner” inquiète la France et l’Allemagne 

Une éventuelle implication de « la société russe Wagner » au Mali serait incompatible avec la présence française dans ce pays, a affirmé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, mardi, lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères relevant de l’Assemblée nationale française en présence de la ministre des Armées, Florence Parly.

“C’est absolument inconciliable avec notre présence” et “une intervention d’un groupe de ce type serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali”, a souligné Jean-Yves Le Drian.

La ministre française des Armées a pour sa part exprimé ses inquiétudes d’un éventuel déploiement de mercenaires russes de la société Wagner au Mali, en réponse à une question d’un député français.

De même pour l’Allemagne, la conclusion éventuelle d’un accord entre la junte au pouvoir à Bamako et la société russe privée Wagner “remettrait en cause” le mandat de l’armée allemande au Mali, a prévenu mercredi la ministre allemande de la Défense.

“Si le gouvernement du Mali passe de tels accords avec la Russie, cela contredit tout ce que l’Allemagne, la France, l’Union européenne et l’ONU ont fait au Mali depuis 8 ans”, a mis en garde sur Twitter Annegret Kramp-Karrenbauer.

Les inquiétudes de la France interviennent dans un contexte de transition au Mali, après le coup d’Etat du 18 août 2020, sur fond de contestation de la présence française dans ce pays et dans l’ensemble des pays du Sahel. (Plusieurs manifestations ont eu lieu au cours des dernières années pour appeler au départ des forces étrangères, notamment françaises).

Selon une information relayée par l’agence de presse Reuters sur la base de sources diplomatiques concordantes, les autorités maliennes seraient en passe de conclure un accord avec la société russe Wagner.

Le présumé accord d’un montant de six milliards de francs CFA (environ 10,8 millions de dollars) par mois donnerait accès à Wagner à trois gisements miniers, deux d’or et un de magnésium, a détaillé pour sa part le journal électronique “news.abamako.com”.

En contrepartie, les russes seraient chargés de former les Forces armées maliennes (FAMa) et d’assurer la protection de certains hauts dirigeants maliens, mission qu’effectue déjà le groupe Wagner en Centrafrique.

Par ailleurs, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov au lendemain d’une mise en garde française sur un éventuel accord entre Bamako et la société privée russe Wagner, a déclaré que la Russie ne négocie aucune présence militaire au Mali.

“Il n’y a aucun représentant des forces armées russes là-bas (…) et aucune négociation officielle n’est en cours”, a déclaré M. Peskov à la presse.