La France : Mahamat Idriss Déby attendu à l’Elysée jeudi

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno sera reçu jeudi à Paris par son homologue français Emmanuel Macron, a annoncé mardi la présidence française.

Selon l’Elysée, les échanges porteront sur l’état des relations bilatérales entre la France et le Tchad, avec la volonté affichée de bâtir « un partenariat rénové et mutuellement avantageux ». Cette rencontre intervient dans un contexte d’apaisement, après plus d’un an de crispations diplomatiques consécutives à la dénonciation par N’Djamena de l’accord de défense qui liait les deux pays.

A la suite de l’audience accordée lundi à l’ambassadeur de France, la présidence tchadienne a fait savoir sa détermination à « redéfinir » la coopération franco-tchadienne, appelée, selon elle, à se transformer et à s’adapter aux défis contemporains.

En mars dernier, Mahamat Idriss Déby avait reçu à N’Djamena Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national et triple candidate à l’élection présidentielle française, battue par Emmanuel Macron lors des seconds tours de 2017 et 2022.

Arrivé au pouvoir après le décès de son père, Idriss Déby Itno, en avril 2021, Mahamat Idriss Déby a été élu président en mai 2024 à l’issue d’un scrutin vivement contesté par l’opposition.

Sous son mandat, le Tchad a obtenu le retrait complet des forces françaises stationnées sur son territoire, à la suite de la rupture de l’accord de coopération militaire fin novembre 2024. Le pays constituait alors le dernier point d’ancrage de la présence militaire française au Sahel, où Paris avait déployé jusqu’à plus de 5 000 soldats dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane, arrêtée en novembre 2022.

Les relations entre les deux capitales s’étaient encore dégradées en janvier 2025, après des déclarations d’Emmanuel Macron évoquant l’ingratitude de certains pays africains à l’égard de l’armée française, des propos qui avaient provoqué la vive réaction du président tchadien.

Les tensions avaient commencé à s’installer dès l’été 2024, lorsque la justice française avait ouvert une enquête visant Mahamat Idriss Déby pour des soupçons de « détournement de fonds publics » et de « recel », notamment liés à des dépenses effectuées à Paris.