Une vaste opération internationale de lutte contre la cybercriminalité menée dans 16 pays africains a conduit à l’arrestation de 651 personnes et au démantèlement de plusieurs réseaux criminels majeurs, a annoncé jeudi Interpol. En près de deux mois, ces groupes auraient extorqué près de 38 millions d’euros à des centaines, voire des milliers de victimes.
Escroqueries à l’investissement promettant des gains élevés, fraudes aux services de paiement ou de prêts via téléphone mobile, faux placements en cryptomonnaies, exploitation massive de données personnelles ou encore diffusion d’applications mobiles frauduleuses : les méthodes employées par les cybercriminels se sont révélées particulièrement sophistiquées et variées, selon l’organisation policière internationale.
L’opération, baptisée « Carton Rouge 2.0 », s’est déroulée du 8 décembre au 30 janvier avec la participation des forces de l’ordre de 16 pays africains. Elle a permis la saisie de plus de 4,3 millions de dollars (environ 3,6 millions d’euros), pour un préjudice total estimé à plus de 45 millions de dollars, soit environ 38 millions d’euros.
Au total, 1.247 victimes ont été officiellement identifiées, principalement en Afrique mais également dans d’autres régions du monde. Les autorités estiment toutefois que ce chiffre est largement sous-évalué et invitent les victimes à se manifester auprès des services compétents de leur pays.
Menées dans le cadre de l’African Joint Operation against Cybercrime (AFJOC), une initiative financée par le ministère britannique des Affaires étrangères, les opérations ont concerné l’Angola, le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Kenya, la Namibie, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.
Parmi les réseaux démantelés, les autorités nigérianes ont neutralisé une organisation spécialisée dans la fraude à haut rendement utilisant le phishing pour promouvoir de faux investissements en actifs numériques. En Côte d’Ivoire, 58 suspects ont été arrêtés dans une affaire de prêts frauduleux via téléphones mobiles ciblant des populations vulnérables, soumis ensuite à des pratiques de recouvrement abusives et à des frais exorbitants.
