L’opposition sud-soudanaise a accusé lundi les forces du gouvernement d’avoir perpétré un « massacre » ayant coûté la vie à au moins 25 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, dans le centre-est du pays, théâtre d’affrontements intenses.
Les combats se sont aggravés ces dernières semaines entre l’armée fidèle au président Salva Kiir et des groupes armés alliés à son rival de longue date, Riek Machar, maintenu en résidence surveillée depuis plusieurs mois.
Dans l’Etat du Jonglei, où se concentrent l’essentiel des violences, les structures de santé sont débordées. Selon l’ONU, au moins 280000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers.
D’après le Mouvement populaire de libération du Soudan dans l’opposition (SPLM-IO), formation politique dirigée par Riek Machar, un rassemblement de villageois organisé samedi matin à Pankor, dans le comté d’Ayod, l’un des principaux foyers des combats dans le nord du Jonglei, aurait viré au « piège mortel ».
Dans un communiqué, Oyet Nathaniel Pierino, président par intérim du SPLM-IO, affirme que les forces gouvernementales « ont procédé à des arrestations sommaires, torturé puis exécuté au moins 25 civils, en majorité des femmes et des enfants ».
Le texte était accompagné d’images d’une grande violence montrant les corps de nourrissons, d’enfants, de femmes et de jeunes hommes. La plupart présentaient des blessures par balle apparentes, certains corps semblant également brûlés.
Entre 2013 et 2018, le pays avait déjà sombré dans une guerre civile opposant les partisans de Salva Kiir à ceux de Riek Machar, issus respectivement des communautés dinka et nuer, les deux principaux groupes ethniques du pays. Le conflit avait fait plus de 400 000 morts.
Le mois dernier, le général Johnson Olony avait été filmé en train d’ordonner à ses troupes de n’« épargner aucune vie » dans le Jonglei. Le gouvernement avait alors estimé que ces propos « pourraient avoir été un lapsus ».
