La frontière terrestre entre la République Démocratique du Congo et le Burundi a rouvert lundi matin, après plus de deux mois de fermeture provoquée par l’offensive du groupe armé M23 en décembre. Cette réouverture est cruciale pour l’économie des régions frontalières, fortement interdépendantes.
L’est congolais, miné par trois décennies de conflits, connaît une nouvelle escalade depuis la résurgence du M23 en 2021. Le mouvement rebelle a conquis de larges territoires et lancé en décembre une offensive contre la ville stratégique d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette avancée, aux portes du Burundi, avait poussé Bujumbura à fermer sa frontière, craignant une déstabilisation accrue.
Malgré cette fermeture, les échanges commerciaux ont continué via le lac Tanganyika, qui sépare les deux pays. En janvier, le M23 a annoncé le retrait de ses combattants d’Uvira, affirmant répondre à une demande américaine, et l’armée congolaise a déclaré avoir repris le contrôle de la cité.
Enclavée, Uvira dépend largement des importations burundaises comme les vivres, les médicaments, les matériaux de construction ou les véhicules, d’autant plus depuis la prise de Bukavu par le M23 en février 2025. L’accès au marché congolais demeure également vital pour l’économie burundaise.
Lundi à 8h00 locales, le poste-frontière de Kavimvira, sur la rive nord du lac Tanganyika, entre Bujumbura et Uvira, a officiellement rouvert.
Par ailleurs, les autres points de passage situés le long de la plaine de la Ruzizi restent fermés, le M23 y étant toujours présent.
D’après les Nations unies, plus de 80 000 personnes ont trouvé refuge au Burundi depuis l’offensive sur Uvira. Beaucoup vivent dans des camps surpeuplés, où une épidémie de choléra a causé au moins huit décès fin décembre.
Parallèlement, environ 5 000 soldats burundais demeurent déployés dans les hauts plateaux du Sud-Kivu pour appuyer les forces congolaises face au M23 et à ses alliés, selon des sources militaires.
