Soudan : Les Etats-Unis placent les Frères musulmans sur leur liste terroriste

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir inscrit les Frères musulmans au Soudan sur leur liste des «organisations terroristes étrangères». Washington accuse également l’Iran d’apporter un soutien à ce mouvement.

Dans un communiqué, le département d’Etat affirme que les Frères musulmans soudanais ont recours à « une violence indiscriminée contre les civils » afin de compromettre les efforts de règlement du conflit et de promouvoir leur idéologie islamiste. Selon la diplomatie américaine, le groupe aurait fourni plus de 20.000 combattants au conflit en cours au Soudan, dont certains auraient bénéficié d’un entraînement et d’un appui du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne.

Les autorités américaines accusent également le mouvement d’avoir commis des exécutions massives de civils dans les zones qu’il contrôle.

Cette décision a été saluée par les Emirats arabes unis. Dans un message publié sur le réseau X, le ministère émirati des Affaires étrangères a déclaré accueillir favorablement l’annonce de l’administration du président Donald Trump désignant les Frères musulmans soudanais comme organisation terroriste.

Les Emirats ont été à plusieurs reprises accusés de soutenir les paramilitaires soudanais engagés dans la guerre contre l’armée depuis avril 2023, notamment en leur fournissant des armes, des combattants et du carburant. Abou Dhabi a toujours rejeté ces accusations, malgré les conclusions de plusieurs rapports internationaux et enquêtes indépendantes.

De son côté, l’armée soudanaise a également été soupçonnée d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, ce qu’elle dément.

Les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire accusé par une mission d’enquête des Nations unies d’exactions massives et d’actes de génocide, ont également salué la décision américaine. Elles estiment qu’elle reflète « une prise de conscience croissante de l’ampleur des souffrances du peuple soudanais ».

Le Soudan est plongé depuis le 15 avril 2023 dans une guerre opposant l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, au pouvoir depuis le coup d’Etat de 2021, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), commandés par le général Mohamed Hamdane Daglo, ancien numéro deux du régime.

Ce conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d’environ 12 millions de personnes. Les combats se sont intensifiés ces derniers mois, notamment après la prise, fin octobre, de la ville d’El-Facher par les FSR, dernier bastion de l’armée dans la région du Darfour.