Mali : HRW dénonce l’exécution sommaire de 12 camionneurs par Al-Qaïda

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé mardi qu’un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda avait exécuté sommairement dix camionneurs et deux apprentis dans le sud-ouest du Mali fin janvier, lors d’une attaque contre une caravane de carburant, qualifiée de possible « crime de guerre ».

Selon un communiqué de l’organisation, l’attaque a été perpétrée le 29 janvier par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM, en arabe) contre une caravane d’au moins 40 camions, escortés par des militaires, en direction de la ville malienne de Kayes, dans la région du même nom.

Des témoins interrogés par HRW ont raconté que les jihadistes avaient ouvert le feu sur la caravane, incendié au moins douze camions et exécuté les douze victimes, dont les corps, retrouvés deux semaines plus tard, avaient les mains liées dans le dos, les yeux bandés et la gorge tranchée.

Dans un communiqué publié le jour de l’attaque, le JNIM a revendiqué avoir ciblé des troupes maliennes entre Diboli et Kayes, mais les autorités maliennes n’ont émis aucune déclaration publique et n’ont pas répondu à une lettre de HRW du 2 mars demandant leur version des faits.

Depuis septembre 2025, le JNIM a interrompu l’acheminement de carburant vers le Mali en menant des attaques contre des caravanes de camions-citernes venant de Côte d’Ivoire et du Sénégal, provoquant des pénuries paralysant le transport, l’électricité et la vie quotidienne à Bamako et dans d’autres régions du pays.

La caravane attaquée, selon HRW, avait quitté Dakar (Sénégal) le 27 janvier et traversé Diboli (Mali) le lendemain, malgré les alertes de sécurité dans cette zone. Les militaires maliens avaient parcouru le trajet sans incident la veille pour escorter la caravane, ce qui avait encouragé le convoi à poursuivre comme prévu.

Le 9 février, le syndicat des camionneurs maliens a lancé une grève nationale pour exiger la récupération des corps, que l’armée a récupérés le 11 février et enterrés le lendemain au cimetière de Kayes.

Cependant, six camionneurs sont toujours portés disparus : deux Sénégalais (39 et 49 ans), deux Maliens (46 et 52 ans), un Burkinabé (35 ans) et un Ivoirien (47 ans), précise HRW.