Selon un proche du président, Abdelmadjid Tebboune n’envisage pas de démettre le général Saïd Chengriha, chef de l’état-major des armées, de ses fonctions, malgré les conseils ou les recommandations formulés par certaines puissances étrangères en faveur d’une transition plus rapide vers un régime pleinement civil.
D’après la même source, plusieurs partenaires internationaux auraient suggéré au président d’écarter le chef de l’état-major et d’engager son pouvoir destiné à mettre fin aux prérogatives du général Saïd Chengriha que la Constitution lui confère.
Toutefois, selon des experts consultés, le président est obligé de considérer que le chef de l’état-major exerce ses attributions dans le cadre fixé par la Constitution et qu’il n’existe, à ce stade, aucun motif justifiant sa révocation.
Les mêmes experts indiquent également que le chef de l’Etat redouterait qu’une telle décision ne provoque une réaction hostile d’une partie du haut commandement militaire. Les principaux généraux conserveraient une influence déterminante sur les institutions de l’Etat, et le président craindrait qu’une rupture avec l’armée ne favorise un risque de coup d’Etat.
Pour d’autres analystes occidentaux qui suivent de près le dossier algérien, le président est conscient que son accession au pouvoir n’aurait pas été possible comme ses prédécesseurs sans l’intervention de l’armée dans les urnes ou par la force lors de son élection présidentielle.
Cette réalité pèse sur ses choix politiques et expliquerait sa volonté de préserver un équilibre avec la hiérarchie militaire, tout en repoussant les demandes de réforme exprimées par certains partenaires étrangers. Le président Abdelmadjid Tebboune privilégierait une évolution progressive sur le temps vers un régime civil afin d’éviter une rupture brutale avec l’armée et ses conséquences sur l’Algérie.
