Libye : L’accord de l’ONU voué à l’échec sans le soutien de Trump

Un nouvel accord conclu entre des représentants de l’Est et de l’Ouest libyens sous l’égide des Nations unies ne suffit pas à dissiper les profondes divisions qui paralysent le pays depuis 2011. Signé dimanche à Tripoli, le texte prévoit notamment une recomposition de la Haute Commission électorale, mais sa mise en œuvre reste incertaine dans un contexte politique toujours marqué par la rivalité entre les camps libyens.

La cérémonie, organisée au siège de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), s’est déroulée en présence de l’envoyée spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh. Celle-ci a appelé les protagonistes à transformer rapidement l’accord en « actions concrètes », signe que la signature du texte ne constitue qu’une étape, et non une solution à la crise.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye demeure profondément fragmentée. Deux pouvoirs rivaux se disputent notamment la légitimité : un exécutif installé à Tripoli et reconnu par l’ONU, à l’ouest, et une autorité basée à Benghazi, à l’est, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar et son entourage.

Les représentants des deux camps ont présenté l’accord comme une ouverture vers des élections nationales. Moussa al-Koni, vice-président du Conseil présidentiel, a évoqué une possible sortie de la « gestion de la division ». Dans l’Est, Abdul Rahman Al-Abbar a souligné les compromis réalisés par les négociateurs.

Mais les précédentes tentatives de règlement ont souvent été confrontées aux rivalités politiques, aux intérêts militaires et aux désaccords institutionnels. Les règles de l’élection présidentielle, l’éligibilité des militaires et des binationaux ou encore la tenue simultanée des scrutins présidentiel et législatif restent des sujets sensibles.

La feuille de route présentée par l’ONU en août 2025 prévoit un cadre électoral consensuel, l’unification des institutions et un dialogue politique élargi.

Cette initiative ne bénéficie pas d’un aval politique des Etats-Unis et du président américain Donald Trump, qui privilégient une démarche distincte conduite par son conseiller Massad Boulos. L’administration  américaine cherche à rapprocher les factions libyennes sur les volets politique, militaire et économique. La perspective d’élections nationales crédibles reste fragile.