Burkina Faso : La Belgique prône une coopération fondée sur le respect et la confiance

La Belgique souhaite renforcer ses relations avec le Burkina Faso malgré les divergences politiques qui opposent les deux pays. En visite à Ouagadougou, le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires européennes, Maxime Prévot, a plaidé pour une coopération fondée sur le « respect » et la « confiance ».
En déplacement au Burkina Faso depuis mercredi pour une visite de trois jours, le responsable belge a été reçu jeudi par le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022. La rencontre intervient alors que les relations entre Ouagadougou et l’Union européenne (UE) se sont récemment tendues.
Fin juin, les autorités burkinabè avaient convoqué l’ambassadeur de l’UE après des critiques formulées par un eurodéputé à l’égard de la junte. Un mois plus tard, deux responsables européens avaient été expulsés du pays, une décision dénoncée par les 27 comme ayant été prise « sans explication ».
Malgré ce climat diplomatique délicat, la présidence burkinabè a annoncé un renforcement de la coopération bilatérale, « sous le signe du respect des choix des autorités burkinabè ».
« Nous souhaitons bâtir encore une coopération de respect et de confiance sur les fondations qui ont été construites durant cinq décennies », a déclaré Maxime Prévot. Il a estimé que « la plus grande erreur serait de venir avec nos priorités et de demander à l’Etat burkinabè qu’il les suive ».
Le ministre belge a également affirmé la « ferme volonté » de son pays de construire un « avenir positif » avec le Burkina Faso, même en dépit de désaccords persistants.
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré, Ouagadougou revendique une ligne souverainiste, marquée par une rupture avec plusieurs partenaires occidentaux. Avec le Mali et le Niger, également dirigés par des militaires, le Burkina Faso a créé l’Alliance des États du Sahel (AES) et renforcé ses liens avec la Russie.
Les trois pays restent par ailleurs confrontés à une grave insécurité, avec des attaques récurrentes de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, soutenus par un régime militaire voisin, responsables de milliers de morts et de déplacements de populations.