Les garde-côtes mauritaniens ont porté secours mardi à 161 migrants, dont 17 enfants, après la panne du moteur de leur embarcation au large de la Mauritanie. Les passagers, partis de Gambie, avaient passé environ huit jours en haute mer avant d’être repérés par les autorités.
Selon un communiqué publié jeudi, la pirogue transportait 99 Sénégalais, dont six femmes et deux enfants, 56 Guinéens, parmi lesquels 38 femmes et 15 enfants, ainsi que six Gambiens, dont quatre femmes.
Les secours ont permis de mettre tous les occupants à l’abri. Les migrants, décrits comme particulièrement éprouvés après plusieurs jours de navigation sur une embarcation en mauvais état, ont été pris en charge avant leur transfert vers le centre d’accueil de Nouakchott.
Cette opération intervient alors que les côtes mauritaniennes sont régulièrement le théâtre de sauvetages de migrants tentant de rejoindre clandestinement l’Europe par la dangereuse route de l’Atlantique.
Dans la nuit du 19 au 20 août, les garde-côtes avaient déjà secouru 315 personnes, dont 40 enfants, après la dérive d’une pirogue surchargée. L’embarcation, partie elle aussi de Gambie, comptait 191 Sénégalais, 123 Gambiens et un Malien.
Quelques jours auparavant, 42 migrants sénégalais et gambiens, dont des femmes et des enfants, avaient été sauvés après une nouvelle panne de moteur.
La route migratoire atlantique demeure particulièrement meurtrière. En juillet, 144 personnes sont mortes ou portées disparues après le départ d’une embarcation transportant environ 190 migrants depuis la Gambie. Le bateau n’avait été retrouvé que le 18 juillet, après avoir dérivé pendant près de 25 jours, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Chaque année, des milliers de migrants ouest-africains, principalement de jeunes, prennent la mer à bord de pirogues souvent vétustes et surchargées pour tenter d’atteindre les îles Canaries, en Espagne.
Le renforcement des contrôles maritimes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a progressivement déplacé les points de départ vers la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée. Ces trajets plus longs augmentent encore les risques de naufrage, de panne et de disparition en mer.
Pour renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière, la Mauritanie a conclu en 2024 un partenariat avec l’Union européenne. Bruxelles a notamment mobilisé 210 millions d’euros pour la surveillance des frontières, le sauvetage en mer, la lutte contre les réseaux de passeurs et des projets de développement.
