L’Erythrée a accusé jeudi l’Ethiopie de chercher des « prétextes » afin de justifier une «guerre», au lendemain de l’annonce par la police éthiopienne de la saisie de plus de 50 000 munitions qui auraient, selon Addis-Abeba, été envoyées par Asmara pour armer des groupes rebelles éthiopiens.
Dans un communiqué publié mercredi soir, la police éthiopienne a indiqué avoir intercepté en région Amhara « plus de 56 000 cartouches » destinées à équiper les Fano, des milices issues de l’ethnie amhara entrées en insurrection en 2023 contre le gouvernement fédéral, qui entendait les dissoudre.
Selon les autorités éthiopiennes, ces munitions, transportées à bord d’un camion, auraient été expédiées depuis l’Erythrée et acheminées jusqu’en Amhara via la région du Tigré, avec l’appui du Front populaire de libération du Tigré (TPLF).
Des accusations balayées par Asmara. Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a dénoncé des « allégations fabriquées de toutes pièces », estimant qu’il s’agissait de « faux prétextes destinés à légitimer une guerre » que l’Éthiopie « chercherait à déclencher depuis deux ans ».
En octobre dernier, Addis-Abeba avait déjà accusé l’Érythrée de financer des groupes armés combattant l’armée fédérale, notamment en Amhara, et de tenter de déstabiliser le pays. Des accusations qualifiées à l’époque de « mascarade mensongère » par les autorités érythréennes.
Le gouvernement éthiopien a également mis en cause le TPLF, ancien parti au pouvoir pendant près de trois décennies et toujours influent dans la région du Tigré, l’accusant de manœuvrer avec Asmara pour « déstabiliser et fragmenter l’Éthiopie ». Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a rejeté ces « accusations sans fondement », estimant que les autorités fédérales cherchaient un prétexte pour remettre en cause l’accord de Pretoria. Signé en 2022, cet accord avait mis fin à deux années de guerre meurtrière entre l’armée fédérale et les forces du TPLF.
