Des déclarations jugées ‘’incendiaires’’ de responsables militaires et une importante mobilisation de troupes font craindre une nouvelle flambée de violences au Soudan du Sud.
Des experts indépendants mandatés par l’ONU ont alerté dimanche sur le risque de violences massives contre les civils et d’un possible conflit ethnique généralisé, alors que les tensions s’aggravent dans le nord du pays.
La Commission des droits de l’homme de l’ONU au Soudan du Sud s’est dite ‘’profondément préoccupée’’ par la situation dans l’Etat de Jonglei, où des combats opposent depuis fin décembre l’armée régulière, fidèle au président Salva Kiir, aux forces du SPLA-IO, liées à l’ancien vice-président Riek Machar, actuellement détenu et poursuivi pour crimes contre l’humanité.
Selon la Commission, la rhétorique belliqueuse de certains hauts gradés, combinée à des mouvements massifs de troupes, accroît considérablement le danger pour les populations civiles et fragilise davantage l’accord de paix ayant mis fin à la guerre civile de 2013-2018. Le chef d’état-major, Paul Majok Nang, a notamment appelé ses forces à « écraser » la rébellion en l’espace de sept jours. Des propos attribués à un autre responsable militaire, appelant à n’épargner personne, ont également suscité une vive inquiétude.
La mission de l’ONU au Soudan du Sud (Unmiss) a dénoncé des discours « odieux » incitant à la violence contre les civils, y compris les plus vulnérables, appelant à leur cessation immédiate.
Dimanche, le porte-parole de l’armée, Lul Ruai Koang, a exhorté les habitants de trois comtés de Jonglei, situés dans des zones contrôlées par le SPLA-IO, à évacuer dès que possible vers les zones gouvernementales, avertissant que les civils armés pourraient être considérés comme des cibles militaires.
Les experts onusiens ont appelé la communauté internationale à faire pression sur les autorités sud-soudanaises afin de privilégier une solution politique, avertissant que les dirigeants civils et militaires incitant à la violence pourraient être tenus pénalement responsables.
Selon les autorités, environ 180.000 personnes ont déjà été déplacées par les affrontements, dans un contexte humanitaire marqué par l’insécurité alimentaire, les épidémies et les conséquences des inondations. Si les violences restent pour l’instant localisées, les experts redoutent une escalade aux conséquences dramatiques.
