Le président égyptien, le général Abdel Fattah al-Sissi, a salué l’initiative du président Donald Trump visant à relancer les négociations autour du mégabarrage éthiopien édifié sur le Nil, un dossier sensible à l’origine de plus de dix ans de tensions régionales et d’impasses diplomatiques.
Le président américain s’était déclaré « prêt à reprendre la médiation » entre Le Caire et Addis-Abeba concernant le Grand barrage de la Renaissance (GERD). L’Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97 % de ses besoins en eau, considère cet ouvrage comme une « menace existentielle ».
« J’apprécie l’attention portée par le président Trump à l’importance cruciale de la question du Nil pour l’Egypte », a écrit Abdel Fattah al-Sissi sur le réseau social X, exprimant sa volonté de « coopérer » avec les pays riverains du fleuve « sans porter préjudice à aucune partie ».
Inauguré, le plus grand barrage d’Afrique, long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres, doit permettre de doubler la capacité de production électrique de l’Éthiopie. Dans ce pays, deuxième plus peuplé du continent, près de la moitié de la population reste privée d’accès à l’électricité.
Construit dans l’ouest de l’Ethiopie, le GERD est destiné à retenir une partie des eaux du Nil Bleu, qui prend sa source sur le territoire éthiopien avant de rejoindre le Nil Blanc au Soudan, puis de traverser l’Égypte jusqu’à la Méditerranée.
Située en aval du fleuve, l’Egypte redoute toutefois une réduction de ses ressources hydriques, indispensables à son agriculture et à sa sécurité alimentaire.
Le Soudan a également accueilli « favorablement » l‘intervention du président américain. Le chef de facto du pays, le général Abdel Fattah al-Burhane, a déclaré sur X qu’elle pourrait permettre de « trouver des solutions durables et équitables préservant les droits de tous ».
Depuis plus d’une décennie, de nombreuses tentatives de médiation entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan, menées successivement par les Etats-Unis, la Banque mondiale, la Russie, les Emirats arabes unis et l’Union africaine, se sont soldées par des échecs.
Dans une lettre adressée à Abdel Fattah al-Sissi, Donald Trump a indiqué espérer un compromis garantissant un approvisionnement en eau prévisible pour l’Egypte et le Soudan, tout en permettant à l’Ethiopie de vendre ou de fournir de l’électricité aux deux pays situés en aval.
