La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, a connu une journée de forte tension dimanche 18 janvier, marquée par des actes de pillage et des tirs à balles réelles signalés dans l’ensemble de ses communes, selon plusieurs sources locales.
Des habitants ont rapporté que des groupes se sont attaqués à des habitations privées ainsi qu’à plusieurs services publics, notamment les bureaux de la DGDA, de la DGI, de la DGM, de la DGRAD et de l’OCC. De nombreux témoignages font état de coups de feu entendus tout au long de la journée, alors que les pillages se poursuivaient dans différents quartiers.
Face à cette situation confuse, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a appelé la population, les groupes d’autodéfense Wazalendo et les Forces armées de la RDC (FARDC) à la vigilance. Il a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « faux retrait » des rebelles de l’AFC-M23 d’Uvira, estimant que l’ennemi resterait présent dans la zone. Selon certaines sources, les combattants de l’AFC-M23 se seraient repliés vers le nord, en direction de la plaine de la Ruzizi.
Dès les premières heures de la matinée, vers six heures, la présence d’éléments Wazalendo a été signalée sur plusieurs axes stratégiques de la ville, sous les acclamations d’une partie de la population.
Sur le plan militaire, le porte-parole du secteur opérationnel Sukola 2 Sud-Sud, le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, a indiqué que les affrontements entre Uvira et Baraka ont considérablement fragilisé la situation sécuritaire dans le sud de la province. Lors d’un point de presse, il a affirmé que 180 combattants de l’AFC-M23 et leurs alliés ont été neutralisés en deux jours de combats, notamment dans les collines de Katongo (territoire d’Uvira) et de Tuwetuwe (territoire de Fizi). Vingt-deux combattants se seraient rendus aux FARDC à Makobola, tandis que vingt autres auraient été capturés à Kigongo. Plusieurs armes, dont des fusils d’assaut et des armes d’appui, ont également été récupérées.
L’armée congolaise accuse le M23, soutenu selon elle par les Forces de défense rwandaises (RDF), de piller systématiquement les biens de la population locale. Ces accusations rejoignent celles du gouvernement provincial, qui affirme que des dizaines de camions auraient servi à transporter vers le Rwanda des biens appartenant à l’Etat et à des particuliers, notamment du goudron, des matériaux de construction, des tricycles et du bétail, au détriment de l’économie locale.
