Algérie : Arrestations, une purge silencieuse au cœur du régime militaire sur la santé du général Saïd Chengriha

Dans le plus grand secret, le régime militaire en Algérie a procédé ces derniers jours à l’arrestation d’une dizaine de jeunes officiers, parmi lesquels figure un médecin militaire réputé, membre du cercle restreint chargé du suivi médical du chef d’état-major des forces armées, le général Saïd Chengriha.

Ces interpellations, non annoncées officiellement, soulèvent de nombreuses interrogations sur l’état de tensions internes au sommet de l’appareil sécuritaire.

Selon plusieurs sources concordantes proches de l’institution militaire, les arrestations auraient été menées par les services de contre-espionnage, sur ordre direct du haut commandement.

Les officiers concernés, majoritairement âgés de moins de quarante ans, occupaient des postes intermédiaires mais sensibles, leur donnant accès à des informations stratégiques ou à des personnalités de premier plan.

Le cas du médecin militaire retient particulièrement l’attention. Spécialiste reconnu en néphrologie, il faisait partie du cercle très fermé des praticiens chargés de surveiller l’état de santé du chef d’état-major, une fonction qui implique un niveau de confiance exceptionnel.

Son arrestation, sans explication publique, alimente les spéculations sur le secret médical, une possible rupture de loyauté réelle ou supposée, ou sur des luttes de pouvoir internes.

Officiellement, aucune communication n’a été faite par le ministère de la Défense. Dans les casernes comme dans les milieux politiques, le silence est de mise.

En privé, certains officiers évoquent une « opération préventive » visant à neutraliser toute velléité de contestation au sein de l’armée, dans un contexte marqué par des rivalités de clans et une méfiance croissante de la hiérarchie envers la nouvelle génération d’officiers.

Des observateurs estiment que ces arrestations pourraient s’inscrire dans une stratégie plus large de consolidation du pouvoir du noyau dirigeant, alors que l’Algérie traverse une période d’instabilité politique et sociale. « Dans les régimes militaires fermés, la suspicion est permanente, surtout lorsque la santé du chef ou la succession deviennent des sujets sensibles », analyse un spécialiste régional sous couvert d’anonymat.

Le sort des officiers arrêtés demeure incertain. Leurs familles n’auraient reçu aucune notification officielle, et aucun accès à une défense juridique indépendante n’aurait été accordé à ce stade. Une situation qui renforce les inquiétudes sur le respect des procédures et sur l’ampleur réelle de la purge en cours au sein de l’institution militaire algérienne.