En pleine guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagolo, l’armée soudanaise a annoncé jeudi la nomination d’un nouveau chef d’état-major, dans un contexte marqué par des efforts pour restructurer et consolider ses rangs.
Le général Yasser al-Atta, proche du dirigeant de facto Abdel Fattah al-Burhane, prend ainsi la tête de l’état-major en remplacement d’Othman al-Hussein, en poste depuis 2019. Figure influente du Conseil de souveraineté mis en place après la chute d’Omar el-Béchir, il sera épaulé par une équipe renouvelée, chargée notamment des opérations, de l’administration, du renseignement et de la formation militaire.
Cette réorganisation intervient trois ans après le déclenchement du conflit opposant, depuis avril 2023, le général al-Burhane à son ancien allié Mohamed Hamdan Daglo, chef des FSR. La guerre a déjà causé des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes.
Connu pour ses positions tranchées, Yasser al-Atta accuse régulièrement les Emirats arabes unis de soutenir les paramilitaires, des allégations fermement rejetées par Abou Dhabi. Il a récemment affirmé que l’armée poursuivrait l’intégration de groupes armés alliés afin de constituer une force nationale unifiée.
Cette stratégie suscite toutefois des inquiétudes, notamment en raison de l’éventuelle intégration de factions proches des milieux islamistes. Parmi elles, figure la Brigade Al-Baraa Ibn Malik, classée « organisation terroriste » par les États-Unis en mars, qui l’accusent de bénéficier d’un soutien financier iranien. Washington a également désigné les Frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste, une décision saluée par les autorités émiraties.
De son côté, le général al-Burhane rejette les accusations selon lesquelles l’armée serait dominée par des islamistes. Néanmoins, plusieurs analystes estiment que ces réseaux jouent un rôle important dans l’équilibre des forces, compliquant les perspectives de paix.
Les tentatives de médiation menées par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte n’ont jusqu’à présent pas permis de mettre fin aux combats, chaque camp restant renforcé par ses avancées sur le terrain.
Parallèlement, le conflit continue de s’étendre à de nouvelles régions, notamment au Kordofan et dans l’Etat du Nil Bleu. Jeudi, des sources locales ont fait état d’une attaque contre un hôpital dans la région d’Al-Jabalain, dans l’Etat du Nil Blanc, qui aurait fait au moins dix morts et une vingtaine de blessés selon les autorités sanitaires.
