Le Royaume-Uni a annoncé, jeudi, une nouvelle série de sanctions contre 11 personnes et entreprises accusées de participer à des réseaux de commerce illicite de l’or finançant les deux camps engagés dans la guerre civile au Soudan.
Selon le ministère britannique des Affaires étrangères, ces circuits clandestins, évalués à plusieurs milliards de dollars, permettent de financer l’achat d’armes et les activités militaires des Forces armées soudanaises (SAF) du général Abdel Fattah al-Burhan ainsi que des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, en conflit depuis avril 2023. Cette guerre a déjà causé environ 200.000 morts, selon certaines estimations, et provoqué le déplacement de plus de 11 millions de personnes.
Les personnes et sociétés visées par les sanctions sont de nationalité soudanaise, mais opèrent sur des marchés internationaux, notamment à Dubaï et à Hong Kong. Parmi elles figure Abu Dharr, un homme d’affaires accusé de soutenir financièrement les FSR grâce à un réseau d’entreprises immobilières, de sociétés holdings et d’activités liées à ce que Londres qualifie d’« or de guerre » basées à Dubaï.
Les mesures concernent également trois entreprises soudanaises implantées aux Emirats arabes unis, une société établie à Hong Kong, ainsi que deux compagnies minières publiques soupçonnées de générer des revenus destinés aux SAF. Une troisième entreprise publique, Ariab Mining Company, est accusée d’avoir acheminé des recettes issues de l’exploitation aurifère vers les deux factions rivales.
« Le peuple soudanais continue de payer le prix d’une guerre alimentée non seulement par les armes, mais aussi par les flux illicites d’or et de capitaux », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.
Troisième plus vaste pays d’Afrique, le Soudan figure parmi les principaux producteurs d’or du continent. En 2025, la Sudanese Mineral Resources Company a annoncé une production record de 70 tonnes, son meilleur résultat en cinq ans. L’ONU estime que le contrôle des ressources naturelles alimente une véritable « économie de guerre » qui prolonge le conflit.
Cette initiative intervient quelques jours après le renforcement des sanctions de l’Union européenne, qui a notamment interdit l’achat, l’importation et le transfert d’or en provenance du Soudan afin de tarir les sources de financement des belligérants.
