Le risque d’épisodes de pluies intenses en Afrique de l’Ouest est aujourd’hui cinq fois plus élevé qu’à la fin du XIXe siècle, sous l’effet du changement climatique provoqué par les activités humaines, révèle une étude publiée jeudi par le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA).
Les chercheurs établissent un lien entre le réchauffement climatique et les précipitations exceptionnelles qui ont frappé plusieurs pays côtiers de la région à la fin du mois de juin, provoquant des inondations ayant fait près de 100 morts.
Selon l’étude, les pluies les plus violentes ont été enregistrées entre le 20 et le 22 juin le long du littoral atlantique, de la Côte d’Ivoire au Nigeria. Les climatologues évoquent des précipitations « exceptionnellement étendues et persistantes », dont l’intensité a augmenté de 4 % à 23 % par rapport à l’ère préindustrielle.
Autrefois rares, ces épisodes extrêmes devraient désormais survenir tous les deux à quatre ans dans la région. Les scientifiques estiment que les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine ont considérablement accru la probabilité de tels phénomènes, transformant des pluies exceptionnelles en catastrophes meurtrières.
Les villes côtières ont été les plus durement touchées. Dans certaines localités, plus de 140 millimètres de pluie sont tombés en moins de 24 heures, saturant les réseaux de drainage et provoquant des crues soudaines. Les inondations ont coûté la vie à au moins 59 personnes en Côte d’Ivoire, 34 au Ghana et cinq au Togo.
Pour les auteurs de l’étude, l’urbanisation rapide des zones inondables a amplifié les conséquences de ces intempéries. « Les villes côtières d’Afrique de l’Ouest sont prises en étau entre des inondations à répétition et une croissance urbaine rapide », souligne le Dr Kiswendsida Guigma, conseiller technique au Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Face à la multiplication de ces événements extrêmes, les climatologues appellent les pays du golfe de Guinée à accélérer leur adaptation au changement climatique en investissant dans des infrastructures de drainage, des logements résilients, des systèmes d’alerte précoce et une planification urbaine mieux adaptée aux risques d’inondation.
