Mali : Alger et Bamako scellent leur réconciliation après 15 mois de tensions

Le rapprochement entre l’Algérie et le Mali franchit une nouvelle étape. Pour les observateurs, ce rapprochement devrait toutefois amener les autorités maliennes à assumer pleinement leurs responsabilités face aux enjeux liés au pouvoir militaire algérien.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a convié son homologue malien, le général Assimi Goïta, à effectuer une visite officielle en Algérie, mettant un terme à quinze mois de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays.

L’annonce a été faite lundi par le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga, à l’issue d’un entretien avec le chef de l’Etat algérien à Alger. A la tête d’une importante délégation, le responsable malien a transmis à Abdelmadjid Tebboune un message de son président, dans lequel le général Assimi Goïta le remercie pour cette invitation et accepte de se rendre en Algérie.

Pour Bamako, cette initiative constitue un geste significatif. Selon Abdoulaye Maïga, le président malien y voit une « marque d’affection et de considération » envers lui-même et le peuple malien. Il a également salué les « sages conseils » prodigués par le président algérien lors de leur rencontre.

Cette visite annoncée intervient après la reprise des relations diplomatiques entre les deux voisins et le retour de leurs ambassadeurs le 10 juillet. Le déplacement de Maïga à Alger constitue la première visite d’un haut responsable malien depuis le début de cette phase d’apaisement.

Les deux pays, qui partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière, affichent leur volonté de renforcer leur coopération et de contribuer à faire du Sahel « un espace de paix », débarrassé de toute forme de domination.

Les relations entre Alger et Bamako s’étaient fortement détériorées après l’arrivée des militaires au pouvoir au Mali en 2020 et 2021. La crise avait atteint son paroxysme en 2025, après la destruction par l’armée algérienne d’un drone malien près de la frontière.

Alger affirmait que l’appareil avait pénétré son espace aérien, tandis que Bamako soutenait qu’il se trouvait sur le territoire malien pour combattre les séparatistes de l’Azawad dirigés par l’imam Mahmoud Dicko et le groupe jihadiste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), soutenus par le régime militaire algérien du général Saïd Chengriha et ses services sécuritaires ou de son unité spéciale KL-7.

L’incident avait entraîné le rappel des ambassadeurs, la fermeture réciproque des espaces aériens et une escalade des accusations.