Mauritanie : 315 migrants secourus après la dérive de leur pirogue

Les gardes-côtes mauritaniens ont secouru, dans la nuit de mercredi à jeudi, 315 migrants dont 40 enfants, après avoir retrouvé leur embarcation en difficulté au large de Nouadhibou, dans l’ouest du pays. Partie de Gambie, la pirogue en bois dérivait au large du principal port de pêche mauritanien.

Selon un communiqué des gardes-côtes, le groupe comptait 191 Sénégalais, dont trois femmes et 29 enfants, 123 Gambiens, parmi lesquels 40 femmes et 11 enfants, ainsi qu’un ressortissant malien. Des nourrissons figuraient également parmi les passagers, tous décrits comme étant dans une situation humanitaire précaire.

Un responsable des gardes-côtes, cité par l’AFP sous couvert d’anonymat, a précisé que l’embarcation avait été retrouvée à la dérive. L’ensemble des passagers a été évacué et pris en charge conformément aux dispositions légales et humanitaires en vigueur. Des soins ont notamment été prodigués aux personnes les plus vulnérables.

Après leur sauvetage, les migrants sont généralement conduits vers un centre temporaire d’accueil, où ils peuvent être accompagnés et entendus par des organisations humanitaires.

Cette opération intervient alors que les drames se multiplient sur la route maritime reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries. Mi-août, 42 migrants sénégalais et gambiens, dont des femmes et des enfants, avaient déjà été secourus après une panne de moteur.

En juillet, 144 personnes sont mortes ou portées disparues après le naufrage d’une embarcation partie de Gambie avec près de 190 passagers. Le bateau avait dérivé pendant environ 25 jours avant son sauvetage, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Médecins Sans Frontières avait alors qualifié l’incident de l’un des débarquements les plus meurtriers observés en Mauritanie depuis le début de 2026.

Face au durcissement des contrôles migratoires au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc, les départs se sont progressivement déplacés vers la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée, allongeant les traversées et accentuant les risques.

La Mauritanie, engagée depuis 2024 dans un partenariat migratoire avec l’Union européenne, bénéficie notamment de financements destinés au contrôle des frontières et au renforcement des capacités de sauvetage en mer. La route de l’Atlantique demeure néanmoins l’une des plus meurtrières vers l’Europe, avec des milliers de morts et de disparus ces dernières années.