Les récents affrontements à la frontière  entre l’Erythrée et son voisin du Sud l’Ethiopie, ont fait de nombreuses victimes parmi les soldats des deux côtés selon Addis-Abeba, une recrudescence des tensions qui intervient après plusieurs années de statu quo.

Selon le porte-parole du gouvernement éthiopien, les combats frontaliers qui opposent depuis dimanche l’Ethiopie et l’Erythrée, ont fait un grand nombre de victimes dans les deux camps.

L’Erythrée et l’Ethiopie partagent près de 800 kilomètres de frontière commune. Un cessez-le-feu est appliqué depuis le début des années 2000 entre les deux pays. Ce qui n’empêche pas des incidents qui   viennent bousculer par intermittence cette accalmie.

C’est le cas des affrontements de ces derniers jours. Les deux voisins se sont rejeté la responsabilité d’avoir déclenché en premier les hostilités. Après près de trois décennies de guerre entre les deux pays, l’Erythrée a finalement obtenu son indépendance de l’Ethiopie en 1991.

Sept ans après cette autonomie arrachée, une nouvelle guerre a éclaté entre les deux pays en 1998. Les médiations successives de la communauté internationale avaient réussi à décrocher un accord de cessez-le-feu entre les deux belligérants en 2000.

Mais depuis cette date, et à défaut d’assainir leurs relations, l’Ethiopie et son voisin du nord ont entamé une longue course aux armements. D’importantes troupes campent d’ailleurs des deux côtés de la longue frontière qui sépare les deux pays de l’Est africain.

Plusieurs observateurs prévoyaient ce genre d’incidents en raison de la tension  extrême qui prévaut des deux côtés de la frontière. Le grand nombre de militaires amassés tout au long de la frontière, ainsi que les importantes quantités d’armes achetées par les deux pays au cours des dernières années, ont abouti à la confrontation directe.

 

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Un commentaire

  1. Laurent Le Bloa on

    Les clashs à la frontière erytréo-éthiopienne sont récurrents, que cela soit entre armées nationales où par le biais de bandes armées bandits ou mouvements rebelles afars. Cependant aucun des deux belligérants ne souhaite pour des raisons très différentes engager un conflit.
    L’Erythrée malgrè un régime belliqueux ne dispose probablement pas des capacités militaires pour engager un conflit ouvert avec l’Ethiopie et les défections au sein de l’Armée Erythréenne comme au sein de la poluation font douter du niveau du moral de ses troupes.L’Erythrée depuis longtemps joue la carte de la déstabilisation et de l’insécurité pour menacer ses voisins. Ces accrochages se produisent à un moment qui lui ait bien moins favorable qu’il y a quelques mois quand l’agitation politique régnait au sein de la communauté Oromo en Ethiopie. Le récent revers qu’a subi Al-Shebab contre les troupes éthiopiennes à Halgan en Somalie montre également que l’Ethiopie maîtrise cet autre front sans que le mouvement somali ONLF ne soit en mesure de profiter de la situation pour troubler l’ordre intérieur.
    L’Ethiopie qui cherche à développer l’économie du Nord, notamment la région Tigray avec la construction d’une voie ferrée reliant Mekele à Djibouti et en négociation actuellement avec le Soudan pour développer ses relations commerciales avec Port-Soudan a peu d’intérêt à voir survenir un conflit même localisé dans ce secteur.
    Il est par contre fort probable que ces accrochages s’inscrivent après une forte campagne médiatique dans les journaux comme un développement des accusations auxquelles l’Erythrée doit faire face. Le pays est accusé une nouvelle fois par l’ONU de graves atteintes aux droits de l’homme, répression des opposants politiques, de la population en général et d’une situation économique très difficile entrainant un important exode de sa population. L’Erythrée cherche avec ces incidents frontaliers à remettre en avant les différents frontaliers avec l’Ethiopie où elle estime avoir raison et faire figure de victime sur la scène internationale. Le maintien d’un état de conflit latent permanent est également un moyen de justifier d’une politique intérieure répressive.

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