Plus de 100 civils ont perdu la vie en l’espace d’une semaine dans l’État du Darfour-Nord, à l’ouest du Soudan, où les combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) se sont intensifiés ces derniers jours, selon des sources locales et médicales.
Depuis avril 2023, le pays est le théâtre d’un conflit opposant l’armée soudanaise aux paramilitaires des FSR, qui exercent leur contrôle sur les cinq capitales de la vaste région du Darfour. Après avoir concentré leurs offensives vers le Kordofan voisin, les FSR continuent toutefois de mener des opérations ponctuelles au Darfour.
Samedi, au moins 51 civils ont été tués lors de frappes de drones menées par l’armée sur la ville d’El-Zurq, a indiqué une source médicale de l’hôpital local. L’attaque aurait visé un marché ainsi que plusieurs zones habitées. Située dans le Darfour-Nord, la ville abrite notamment des proches du général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti », chef des Forces de soutien rapide.
Selon des témoins cités par l’AFP, ces frappes ont également causé la mort de deux commandants militaires, Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, dont les funérailles ont été observées par des habitants.
Par ailleurs, une autre source médicale a fait état de 63 civils tués et de 57 blessés à Kernoi, à environ 170 kilomètres à l’ouest d’El-Zurq, lors d’attaques attribuées cette fois aux FSR. La localité, contrôlée par des forces alliées à l’armée, a également enregistré la disparition d’au moins 17 personnes, selon des sources locales.
Ces violences ont provoqué un nouveau déplacement massif de populations. Depuis la fin décembre, plus de 7 500 habitants ont fui Kernoi et la localité voisine d’Oum Barou, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Fin octobre, les Forces de soutien rapide se sont emparées d’El-Facher, dernière capitale régionale du Darfour qui échappait encore à leur contrôle, consolidant ainsi leur emprise sur l’ensemble de la région. Cette prise de contrôle s’est accompagnée d’accusations d’exactions à grande échelle, formulées par des ONG et des témoins.
Depuis lors, les paramilitaires ont multiplié les attaques près de la frontière tchadienne, notamment autour de Kernoi, tout en orientant l’essentiel de leur offensive vers le Kordofan, une région stratégique reliant le Darfour à Khartoum, reprise par l’armée en mars dernier.
Les FSR encerclent notamment la ville d’El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord. Dimanche, l’électricité y a été coupée après une frappe de drone ayant touché la centrale électrique, selon la compagnie nationale d’électricité.
Selon l’OIM, plus de 11 000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Nord et du Kordofan-Sud depuis la mi-décembre, « en raison d’une recrudescence des violences ».
